La Constitution du Mali du 22 juillet 2023, en son article 10, reconnaît l’éducation, la santé, la protection sociale, l’alimentation et l’accès à l’eau comme des droits fondamentaux. Dans cette dynamique, la prévention des maladies évitables, dont le diabète, apparaît comme un enjeu majeur pour le bien-être des populations. C’est dans ce cadre que plusieurs organisations engagées dans la lutte contre le diabète ont uni leurs efforts pour organiser une journée portes ouvertes à la Maison de prévention du diabète, située à Bougouba. L’événement s’est tenu le samedi 17 janvier 2026, en présence de nombreux acteurs, notamment les membres de l’ONG Santé Diabète, de la fédération nationale des diabétiques du Mali (FeNaDiM) ainsi que des autorités coutumières et locales.

La journée a été ponctuée par diverses activités : une marche collective, des séances de dépistage gratuit, des messages éducatifs et préventifs, la remise de trophées aux journalistes pour les meilleures productions médiatiques, des jeux, une dégustation culinaire et un match convivial pour clôturer.
Selon la coordinatrice de la Maison de prévention du diabète, Aminata Diarra, cette structure a pour mission principale de prévenir le diabète et ses facteurs de risque à travers le dépistage précoce et la sensibilisation. Elle offre également une éducation thérapeutique aux personnes vivant avec le diabète. « La Maison dispose de pairs éducateurs qui interviennent au sein des communautés et dans les unités de consultation prénatale pour sensibiliser sur les signes d’alerte et les facteurs favorisant le diabète », explique-t-elle. Parmi ces signes figurent notamment les urines abondantes, la naissance de bébés de plus de 4 kg dans le cadre du diabète gestationnel, l’alimentation déséquilibrée et la sédentarité.
Elle se réjouit par ailleurs de la forte mobilisation observée, estimant que cette journée contribue à renforcer la visibilité et l’impact de la Maison de prévention du diabète.
De son côté, Dr Amagara Togo, médecin référent des enfants diabétiques au Mali, a rappelé que les premiers cas de diabète infantile ont été identifiés dans les années 1990. À cette époque, sur une vingtaine d’enfants diagnostiqués, seuls deux avaient survécu au-delà de deux ans, a-t-il indiqué. Pour lui, cette situation dramatique s’expliquait par le manque de spécialistes en diabétologie, seulement deux pour tout le pays et par les difficultés d’accès à l’insuline, indispensable à la survie des enfants diabétiques. Dr Togo dira qu’un tournant majeur est intervenu entre 2006 et 2007, grâce à l’ONG Santé Diabète, en collaboration avec l’État malien, à travers le programme « Life for a Child ». Ce programme a permis non seulement de fournir des médicaments, mais aussi de former des médecins en endocrinologie, nutrition et diabétologie, a-t-il laissé entendre. « En 2006, nous suivions environ 35 enfants diabétiques. En 2016, ce chiffre est passé à plus de 600 », précise-t-il. Et d’ajouter qu’aujourd’hui, près de 2 000 enfants diabétiques ont bénéficié de l’accompagnement de l’ONG Santé Diabète à travers ce programme. A ses dires, beaucoup d’entre eux sont désormais adultes, autonomes et ont fondé leurs propres familles, témoignant ainsi de l’impact durable des actions menées.
Adja
