Au Mali, dans les zones où l’orpaillage est l’activité principale, il y a des problèmes de développement. Tous les secteurs d’activité sont affectés à cause du pouvoir de l’argent. L’agriculture, l’élevage, l’éducation, entre autres, sont presque dans l’oubliette et ce sont les commerçants qui ont le vent en poupe. Les consommateurs sont à la merci de ceux-ci.
Les prix en or
Dans les sites d’orpaillage, les produits de première nécessité sont à prix d’or. Comparé aux autres villes, les prix sont doublés, voire triplés. Par exemple, à Kiéniéba, le sachet d’eau est vendu à 100 F CFA. Selon un habitant de la ville, une petite mangue revient 250 F CFA. Et c’est encore pire dans les quartiers créés aux alentours des puits d’orpaillage, car là-bas, tout est cher, sinon très cher.
L’abandon scolaire pas surprenant
La majorité des jeunes préfèrent passer leur journée dans les mines qu’à l’école. À tous les âges, les gens ont quelque chose à faire dans ces lieux.
A Gladié (Finkolo Ganadougou), même des petites filles de 8 ans sont à pied d’œuvre pour aider les gargotières. A peine dix ans, garçons et filles lavent de la boue à la recherche du métal précieux. Les adolescents et les jeunes sont à la recherche, par tous les moyens.
En plus de ces main d’œuvres qui sont à la recherche permanente de l’or, d’autres sont là pour l’achat et la vente. Selon un jeune de Kiéniéba qui requiert l’anonymat, n’eût été les réseaux sociaux, ces vendeurs passaient tout leur temps à les arnaquer par rapport aux prix. A cela s’ajoutent les bandits armés qui interceptent les gens sur les routes pour les dépouiller de leur or et argent.
La prostitution à ciel ouvert
Dans ces zones, on rencontre plusieurs nationalités. Si les jeunes hommes sont sur le site à la recherche de l’or, on rencontre des jeunes filles qui s’adonnent à la prostitution de gré ou de force. Selon une jeune fille d’un pays voisin, elle a été trompée par son employeur. « Au départ, il m’avait dit qu’il a un restaurant et je viendrai pour y travailler. Mais arrivée sur place, à ma grande surprise, c’était la prostitution. J’ai refusé, il m’a demandé de payer deux millions de francs CFA pour les dépenses qu’il a effectuées en m’emmenant ici. Et j’ai fait appel à mes parents », a-t-elle souligné. Selon elle, il y a beaucoup de jeunes filles qui sont piégées et n’ont aucun recours.
L’argent Roi
Dans ces zones, celui qui donne de l’argent commande la musique, selon l’adage. Des habitants ont été dépossédés de leurs terres cultivables. Il y a des étrangers très riches qui viennent avec la complicité des autochtones, obligeant des cultivateurs à vendre leurs terrains. Certains observateurs n’hésitent pas à poser la question de savoir s’il y a une terre cultivable à Kiéniéba. Selon un habitant, la majorité des produits agricoles viennent de Kita et de Bamako.
Face à ces menaces, la question qu’on se pose est de savoir si ces opprimés ne connaissent pas là où se plaindre ou bien s’ils ne sont pas écoutés ?
Dado Camara
