Dans une société où les responsabilités publiques ont longtemps été largement occupées par les hommes, la présence des dames à la tête de départements stratégiques constitue, en elle-même, un signal important. Mais leur mérite ne réside pas simplement dans le fait d’être des femmes. Il se trouve surtout dans leur capacité à assumer des responsabilités lourdes, à affronter des contraintes multiples et à se rendre régulièrement sur le terrain pour suivre des projets qui engagent l’avenir du pays.
De Bamako aux régions, des hôpitaux aux routes, des collecteurs à autres infrastructures publiques, leurs actions rappellent une réalité : la gouvernance se juge aussi à la capacité de transformer les décisions en réalisations concrètes.
Ces responsables méritent donc que leurs efforts soient davantage mis en lumière, non pas dans une logique de flatterie politique, mais une reconnaissance du travail accompli et une exigence de redevabilité. Car lorsque des femmes prennent en main de grands chantiers nationaux et acceptent d’en répondre devant les populations, leur parcours mérite d’être raconté.
Au-delà des critiques, des controverses et des insuffisances qui peuvent entourer toute gouvernance, le Mali a aussi besoin de regarder ce qui avance. Et sur certains fronts, des femmes sont aujourd’hui aux premières lignes de cette marche.
Par-delà les débats et les difficultés qui accompagnent la période de transition, certaines actions publiques méritent d’être regardées à l’aune de leurs résultats. Dans plusieurs secteurs essentiels à la vie quotidienne des Maliens, trois femmes du Gouvernement se distinguent par leur présence sur le terrain et le suivi de chantiers structurants : Assa Badiallo Touré du département de la santé et au développement social, Mariam Tangara Doumbia de l’Environnement, assainissement et développement durable ainsi que Dembélé Madina Sissoko en charge du ministère des Transports et des infrastructures. Au Mali, les grands projets ne se mesurent pas uniquement aux discours qui les annoncent, mais aussi à l’évolution visible des travaux et à leur impact attendu sur les populations. À ce titre, les actions de certaines responsables gouvernementales mérite d’être davantage documentée et appréciée à leur juste valeur
Assa Badiallo Touré : La santé au cœur de la transformation

À la tête du ministère de la santé et du développement social, le médecin Colonel-major Assa Badiallo Touré porte l’un des chantiers sociaux les plus importants de ces dernières années : la transformation et le renforcement du système hospitalier.
Le projet présidentiel d’urgence hospitalière sociale, notamment la construction de 15 nouveaux hôpitaux et la transformation des centres de santé de référence (CSRéf) du District de Bamako en hôpitaux de district. Le programme concerne également la construction d’hôpitaux à Bla et Kangaba ainsi que de nouveaux établissements hospitaliers dans plusieurs régions du pays.
En juillet 2026, le bilan présenté par le département faisait état de 15 hôpitaux de district en chantier, auxquels s’ajoutent la création de centres de dialyse, l’équipement de structures sanitaires, l’installation de panneaux solaires dans des hôpitaux et CSRéf et la modernisation de plusieurs services. La ministre ne se limite pas à l’annonce des projets. En mars 2026, elle effectuait encore des visites de terrain dans les CSRéf des arrondissements I et II de Bamako afin de constater l’état d’avancement de leur transformation en hôpitaux de district. Cette présence sur les chantiers traduit une volonté de rapprocher la décision administrative de la réalité vécue par les usagers.
Mariam Tangara Doumbia : L’assainissement comme bataille contre les inondations
Dans un autre registre, la ministre de l’environnement, de l’assainissement et du développement durable, Mariam Tangara Doumbia, est engagée sur un front particulièrement sensible pour les populations : l’assainissement des villes et la prévention des inondations.
En 2025, les services chargés de l’assainissement ont notamment procédé à l’évacuation de plus de 2,8 millions de mètres cubes de déchets solides vers les décharges finales à l’échelle nationale. Plus de 1,8 million de mètres cubes d’ordures ont également été enlevés des points noirs du District de Bamako. Le bilan fait aussi état du curage de plus de 158 000 mètres linéaires de collecteurs et de plus de 437 000 mètres linéaires de caniveaux sur l’ensemble du territoire.
L’effort s’est poursuivi en 2026. Le programme d’intervention dans le District de Bamako prévoit le curage de 348 517 mètres linéaires de collecteurs et de caniveaux, pour un montant prévisionnel de plus de 3,3 milliards de FCFA. En mai, la ministre s’est rendue sur plusieurs sites, notamment à Yirimadio et Missabougou, pour contrôler l’évolution des travaux.
Ces opérations peuvent sembler moins spectaculaires qu’un grand édifice, mais elles touchent directement la sécurité des populations. Un caniveau curé, un collecteur débarrassé des déchets ou une voie mieux drainée peuvent contribuer à réduire les risques d’inondation et à protéger des habitations, des commerces et des infrastructures.
Dembélé Madina Sissoko : Des routes et des infrastructures au service de la mobilité

Aux transports et aux infrastructures, Dembélé Madina Sissoko est également présente sur plusieurs dossiers structurants. Parmi les chantiers récents, figure le projet des voies de contournement de la zone aéroportuaire de Bamako. Les travaux portent sur trois tronçons totalisant 13 kilomètres, avec notamment la voie FEBAK–carrefour École de la Gendarmerie, le contournement de la Base 101 et celui de l’OMAP. Le coût global annoncé avoisine 15 milliards de FCFA, financés par le budget national. L’objectif est notamment d’améliorer la mobilité dans la capitale, de renforcer la sécurité routière et réduire les coûts liés à l’exploitation des véhicules. En juin 2026, la ministre s’est rendue sur les chantiers pour constater le démarrage effectif des travaux et rappeler aux entreprises, l’importance du respect des délais et de la qualité des ouvrages. Aussi, la démolition des habitations situées dans l’emprise du projet routier Banconi-Dialakorodji-Safo-Dabani-Nonsombougou, après celui de l’axe reliant CHU Gabriel Touré-Sotuba ACI. Son département intervient également dans les opérations d’entretien routier et participe avec le ministère de l’environnement, aux opérations de curage des collecteurs et caniveaux lorsque celles-ci concernent les emprises routières.
Trois femmes, trois secteurs, une même exigence : être au rendez-vous du terrain Santé, assainissement, routes et infrastructures : les secteurs pilotés par ces trois responsables ont un point commun. Ils produisent des résultats qui peuvent être directement observés dans le quotidien des citoyens.
L’action du Médecin-colonel Major Assa Badiallo Touré se traduit par des chantiers hospitaliers et la volonté de rapprocher les soins des populations. Celle de Mariam Tangara Doumbia s’inscrit dans la lutte contre l’insalubrité et les conséquences des fortes pluies. Quant à Dembélé Madina Sissoko, elle accompagne des projets destinés à améliorer la mobilité et les infrastructures du pays.
Il serait toutefois réducteur d’attribuer individuellement à ces ministres, l’ensemble des réalisations de leurs départements : ces projets sont le fruit du travail de nombreuses équipes techniques, des entreprises, des collectivités, des partenaires et des orientations gouvernementales. Mais leur rôle de pilotage, de supervision et de suivi sur le terrain mérite d’être souligné.
Adja
