La Caisse nationale d’Assurance Maladie (CANAM), en partenariat avec la Mutuelle générale de solidarité de la presse (MUGESPRESSE), a organisé, mercredi 9 septembre 2026 au Musée national de Bamako, un atelier de renforcement des capacités des professionnels des médias sur le Régime d’Assurance Maladie Universelle (RAMU). L’objectif est de mieux outiller les journalistes afin qu’ils contribuent à l’information, à la sensibilisation et à l’appropriation de cette réforme par les populations.
La rencontre a réuni le directeur général de la CANAM, le Médecin Général de Brigade Boubacar Dembélé, le président de la MUGESPRESSE, Ali Diarra, le président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, ainsi que des journalistes et cadres techniques de la CANAM.
Dans son intervention, Ali Diarra a salué le partenariat avec la CANAM et rappelé les difficultés qui ont longtemps marqué le déploiement opérationnel du RAMU. Il a souligné que la signature, en juillet dernier, de la convention par quatre organismes gestionnaires, sous l’égide de la ministre de la Santé et du Développement social, le Médecin Colonel-Major Assa Badiallo Touré, constitue une étape importante dans la mise en œuvre du régime.
Pour le président de la MUGESPRESSE, les journalistes doivent désormais contribuer à rendre cette réforme, parfois perçue comme complexe, accessible au grand public. « On ne peut pas expliquer correctement ce que l’on ne comprend pas parfaitement », a-t-il déclaré, appelant les professionnels des médias à maîtriser les mécanismes du RAMU pour mieux lutter contre les fausses informations et les incompréhensions.
Il a plaidé pour une couverture médiatique plus soutenue à travers des reportages, émissions, débats, interviews, témoignages et dossiers consacrés à la protection sociale. « À partir d’aujourd’hui, nous ne devons plus seulement parler du RAMU ; nous devons apprendre à le faire comprendre », a-t-il insisté.
Le président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, a également invité les journalistes à faire du RAMU un véritable sujet d’information et de sensibilisation, rappelant que la protection sociale constitue un enjeu majeur pour les professionnels des médias comme pour l’ensemble des citoyens.
Prenant la parole, le directeur général de la CANAM, Boubacar Dembélé, a salué l’initiative de la MUGESPRESSE et la mobilisation des journalistes. Il a rappelé que la maladie peut toucher toutes les catégories sociales et fragiliser les revenus des ménages. L’assurance maladie constitue ainsi, selon lui, « un instrument de solidarité nationale, de justice sociale et de dignité humaine ».
Le Mali dispose déjà de l’Assurance Maladie Obligatoire (AMO), mais sa couverture reste insuffisante au regard de l’objectif de protection de toute la population. Le RAMU doit permettre d’élargir cette couverture aux travailleurs non-salariés et aux acteurs du secteur informel, notamment les paysans, artisans, commerçants et éleveurs.
Pour Boubacar Dembélé, la réussite du RAMU ne dépend toutefois pas uniquement des textes et des mécanismes institutionnels. Elle passe également par une bonne compréhension du régime par les citoyens. Les journalistes auront donc pour mission non seulement de relayer l’information, mais aussi d ‘ « expliquer, vulgariser, questionner, analyser et faire remonter les préoccupations des populations ».
Qui sont les bénéficiaires ? Comment fonctionnent les cotisations ? Quelles seront les prestations ? Comment les populations non salariées seront-elles enrôlées ? Autant de questions auxquelles les médias devront apporter des réponses claires et accessibles.
Après les allocutions, les travaux ont débuté par une présentation du RAMU assurée par le conseiller technique chargé du RAMU, Seriba Traoré. Les échanges ont porté sur les principes et objectifs du régime, ses mécanismes de mise en œuvre, le rôle des organismes gestionnaires et la contribution des mutuelles à la couverture maladie universelle.
À travers cet atelier, la CANAM et la MUGESPRESSE entendent inscrire leur partenariat dans la durée, notamment par des rencontres avec les rédactions, des formations spécialisées et la production régulière de contenus consacrés au RAMU. L’ambition est de faire des médias un maillon essentiel de la chaîne de solidarité et de rapprocher davantage la réforme des citoyens.
En définitive, pour les deux partenaires, le défi est clair : faire en sorte que le RAMU soit non seulement connu, mais surtout compris et approprié par les Maliens, afin que la maladie ne soit plus synonyme de précarité ou de ruine pour les familles.
Aminata Sanogo
