Le syndicat norvégien des journalistes Norsk Journalistlag, avec l’appui de la fédération internationale des journalistes (FIJ), a organisé, du 17 au 18 septembre, un atelier de formation à l’immeuble SAMA Money, consacré au genre et à la sécurité des femmes journalistes et professionnels des médias. L’initiative visait à renforcer les compétences des participants afin d’accroître leur sécurité personnelle au travail et sur le terrain.
Une ouverture marquée par un plaidoyer fort
La cérémonie d’ouverture a été présidée par Mme Dado Camara, présidente de l’alliance des professionnelles de la presse écrite du Mali (APPEM).
Dans son allocution, elle a rappelé les nombreux défis auxquels font face les femmes journalistes au Mali, en temps de paix comme en période de conflit. « Victimes de préjugés, de violences, de discriminations et de violations de droits, beaucoup préfèrent se taire ou se mettre en retrait, craignant des répercussions sur leur carrière et leur vie privée », a-t-elle souligné. Elle a invité les participantes à s’affirmer et à défendre leurs droits : « Le journalisme professionnel n’a pas de sexe. Formez-vous, affirmez-vous, protégez-vous et dénoncez les comportements qui nuisent à votre dignité tout en démontrant votre professionnalisme. »
Travaux de groupes et échanges participatifs
Durant les deux jours, les participants ont pris part à plusieurs exercices pratiques et discussions.
Au premier jour, les travaux de groupes ont porté sur les solutions pour l’intégration du genre dans les rédactions et les obstacles à cette démarche. Les propositions ont mis en avant la sensibilisation au concept de genre, la prise en compte de la loi 052 de 2015, l’égalité salariale ou encore la création d’espaces de dialogue. Parmi les obstacles cités : les pesanteurs socioculturelles, le manque de moyens financiers et l’absence de volonté au sein des rédactions.
Les participants ont ensuite échangé sur les droits et devoirs des journalistes : liberté d’expression, protection des sources, accès à l’information, respect de la déontologie, devoir d’impartialité et de rectification. Un autre exercice a porté sur les risques pouvant générer l’insécurité dans l’exercice du métier ainsi que sur les éléments essentiels d’un kit sécuritaire pour journaliste : gilets et casques de protection, trousses médicales, équipements de communication, ou encore carte de presse.
Le deuxième jour a été consacré à l’équité et à la sécurité, les débats ont été axés sur les ressentis face à la discrimination : colère, tristesse, frustration, humiliation, mais aussi résilience et révolte. Les notions d’égalité, équité et parité ont été expliquées et distinguées, mettant en lumière leur importance pour garantir un environnement professionnel juste et équilibré.
Les participants ont également abordé la liberté d’expression, prévue par l’article 19 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et la question cruciale de la sécurité des journalistes, notamment en zones de conflit.
Les recommandations ont concerné la préparation physique, la connaissance du terrain, une bonne logistique, la possession de kits de secours et d’équipements de protection adaptés.
Les travaux de groupes ont ensuite permis de définir et d’illustrer les formes de discrimination (sexuelle, ethnique, religieuse, raciale, etc.) et les types de harcèlement (moral, sexuel, physique, verbal, en ligne).
Les participants ont ensuite joué des scénarios mettant en scène ces réalités et proposé des solutions pour y faire face, insistant sur la vigilance et le respect mutuel en milieu professionnel.
Une formation jugée enrichissante
Au terme de ces deux journées, les participants ont exprimé leur satisfaction. Ils ont salué une formation jugée « riche en apprentissage et en découvertes », qui leur a permis de mieux comprendre les concepts de genre, d’égalité, d’équité et de parité, tout en renforçant leur préparation face aux risques sécuritaires liés à leur profession.
Aminata Sanogo
