Dans son discours du nouvel an, le président de la transition malienne, son excellence Général d’Armée Assimi Goïta a évoqué la tenue d’une concertation courant 2026, en vue de faire une ouverture visant à redonner la chance aux partis de renaître de leurs cendres. Mais à quelles conditions ? Etant donné que les ex- responsables politiques sont en procès avec l’Etat, car opposé à la dissolution de leurs formations politiques. Pour la circonstance, les tribunaux de grande instance de différentes communes de Bamako saisis se sont déclarés incompétents au point que les avocats ont saisi la cour constitutionnelle. L’Etat pourra-t-il trouver une solution pour vider ce contentieux afin de tenir de nouvelles concertations ? Ce qui est sûr, les ex responsables politiques ne sont pas prêts à renoncer à leurs formations politiques surtout que leurs avocats les ont rassurés et mieux, des experts de l’ONU s’étaient prononcés contre la dissolution des partis politiques.
Lors des Assises nationales de la Refondation tenues en 2024, le peuple malien avait exprimé sa vive préoccupation face aux dérives et dysfonctionnements du paysage politique, susceptibles d’alimenter la mauvaise gouvernance. De ce fait, parmi les recommandations phares, figuraient la dissolution des partis politiques. C’est dans ce contexte que le 13 mai 2025, le président de transition, le général d’armée Assimi Goïta, a signé un décret visant à dissoudre tous les partis politiques et les « organisations de nature politique ». Dans la même veine, il a promulgué une loi abrogeant les lois antérieures régissant et protégeant les partis politiques. Toute chose qui a provoqué l’ire des soi-disant experts de l’ONU qui ont exprimé leur mécontentement : « Ces lois doivent être immédiatement abrogées. L’adoption de ces lois est un pas dans la mauvaise direction pour le pays. Il n’est pas trop tard pour que le président Goïta arrête cette spirale descendante et change de cap ».
Espoir pour la renaissance des partis politiques
Dans son discours à la Nation du nouvel an 2026, le président de la transition, Général d’Armée Assimi Goïta a déclaré : « Fidèle à notre engagement d’appliquer les recommandations issues des Assises, dans un esprit de concertation et d’inclusivité, j’ai décidé d’organiser, en avril 2025, des consultations avec les forces vives de la Nation, afin de préciser les modalités d’application de certaines recommandations et leur mise en œuvre dans le cadre de la relecture de la Charte des partis politiques. À l’issue de cette rencontre, les participants ont notamment recommandé la dissolution des partis politiques afin de repartir sur des bases plus saines et plus justes et de faire l’audit des partis politiques… L’année 2026 ouvrira le chantier des concertations nécessaires autour de l’avant-projet de loi déterminant les conditions de formation et d’exercice des activités des partis politiques, prévu à l’article 39 de la Constitution… »
En tout cas, il faut reconnaître que le bras de fer qui oppose les ex-responsables des formations politiques demeure un sujet préoccupant. Car, le procès pourrait prendre plus de temps qu’on ne le pense, car ces hommes politiques ne sont pas prêts à renoncer à leurs « entreprises » qui leur offrent fortune, vie luxueuse, promotion, entre autres. De même, le président de la république peut gouverner à travers ses pouvoirs exceptionnels (Articles 39 de la constitution du 22 juillet 2023) lui permettant de prendre des mesures urgentes face à des crises, en informant la nation, sans dissoudre l’Assemblée Nationale, pour rétablir l’État et assurer la continuité institutionnelle, tout en protégeant la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale).
C’est dire qu’il y a lieu, pour l’Etat et les ex-responsables politiques, de s’entendre autour de l’essentiel qui est le Mali, pour surmonter le différend qui les oppose.
Dado Camara
