L’incendie survenu au Marché de Médine continue de susciter émotion et interrogations. Au-delà des étals détruits et des marchandises parties en fumée, ce sont surtout des images frappantes qui ont envahi les réseaux sociaux : des billets de banque calcinés, réduits en cendres.
Des économies parties en fumée
Dans plusieurs vidéos largement partagées, on aperçoit des liasses brûlées, récupérées parmi les décombres. Pour de nombreux commerçants, ces sommes représentaient le fonds de roulement quotidien, parfois même l’épargne familiale. Ces images ont relancé un débat sensible : pourquoi autant d’argent liquide conservé sur place ?
La méfiance, un réflexe de survie ?
Dans les commentaires en ligne, certains internautes évoquent la méfiance persistante envers le système bancaire. Plusieurs commerçants préfèreraient garder leur argent à portée de main, par crainte de lenteurs administratives, de frais bancaires jugés élevés ou d’un accès limité aux services financiers formels.
D’autres soulignent des habitudes bien ancrées dans le commerce informel, où les transactions se font majoritairement en espèces. Garder la trésorerie sur le lieu de travail permettrait une plus grande réactivité pour réapprovisionner les stocks ou faire face aux imprévus. Mais ce choix comporte des risques majeurs, comme l’illustre tragiquement l’incendie : vol, sinistre, ou simple accident peuvent anéantir en quelques minutes des années d’efforts.
Dans les explications de certains banquiers de la place, il se peut que certains commerçants ignorent l’importance des versements bancaires, mais beaucoup d’entre eux aussi sont au courant. Car, pour leurs achats à l’extérieur, ils viennent vers les banques parce qu’ils ont besoin des services de la banque qui est le transfert. A leurs dires, ils leur font recours parfois que si leur service est indispensable pour certains marchés ou d’autres documents administratifs qui nécessitent des cachets bancaires, entre autres.
Ce que disent les économistes
interrogés dans des débats relayés en ligne, certains économistes rappellent que la forte circulation du liquide dans les marchés populaires traduit avant tout, un déficit d’inclusion financière. Selon eux, la bancarisation reste insuffisante dans certains segments du commerce urbain. Ils plaident pour une simplification de l’ouverture de comptes pour les petits commerçants, des produits financiers adaptés aux revenus irréguliers, une meilleure sensibilisation aux solutions de paiement électronique et mobile.
Des spécialistes estiment également que conserver d’importantes sommes en espèces expose non seulement aux pertes physiques, mais limite aussi l’accès au crédit formel, qui nécessite souvent une traçabilité financière.
Entre émotion et remise en question
Les billets calcinés sont devenus le symbole d’un drame plus large : celui de la fragilité économique de milliers de petits commerçants. Sur les réseaux sociaux, l’émotion se mêle désormais à la réflexion sur la sécurité des marchés et la modernisation des pratiques financières.
L’incendie du Marché de Médine ne laisse pas derrière lui seulement des cendres, il pose avec force, la question de la confiance dans les institutions financières et de la protection des économies des acteurs du commerce populaire.
Au cours de nos recherches, les spécialistes de banque ont aussi évoqué, concernant ces billets incinérés, que seule la BCEAO peut échanger des billets mutilés. Il s’agit des billets en mauvais état ou incomplets. Mais en ce qui concerne les billets calcinés, il n’y a pas de solution, sauf si ces victimes se regroupent en collectif pour adresser une correspondance à la structure.
Adja
