Initialement prévu du 3 au 10 mai 2026, le forum panafricain des médias (FOPAME) a finalement ouvert ses portes, ce mercredi 3 juin 2026 à Bamako. Reportée pour des raisons liées aux événements survenus au Mali le 25 avril 2026, cette rencontre internationale se poursuivra jusqu’au 6 juin avec l’ambition de renforcer la coopération médiatique africaine et de promouvoir un narratif africain sur les grands enjeux du continent.
Placée sous la haute présidence du Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, cette première édition du forum panafricain des médias est organisée par la Maison de la presse, en collaboration avec les organisations professionnelles des médias publics et privés du Mali, avec l’appui du gouvernement.
Pour les organisateurs, cette rencontre constitue une réponse aux défis auxquels les médias africains sont confrontés dans un environnement marqué par la transformation numérique, la multiplication des sources d’information et les enjeux de souveraineté informationnelle.
Un espace de dialogue stratégique pour les médias africains
Selon le président de la Maison de la Presse, Bandiougou Danté, le FOPAME se veut avant tout, « un espace de dialogue stratégique, de mise en réseau et de renforcement des capacités des professionnels africains des médias ».
Au-delà d’une simple rencontre professionnelle, le forum ambitionne de devenir un cadre institutionnel permanent de réflexion et de concertation réunissant journalistes, responsables de médias, chercheurs, régulateurs, décideurs publics, acteurs du numérique et influenceurs du continent.
L’objectif est de favoriser les échanges d’expériences, de renforcer la coopération entre médias africains et d’encourager une réflexion commune sur l’avenir du journalisme en Afrique.
Construire un narratif africain
Face à l’influence croissante des plateformes numériques internationales et à la circulation massive de contenus produits hors du continent, les organisateurs souhaitent encourager l’émergence d’une narration africaine capable de mieux refléter les réalités du continent.
Le forum entend ainsi contribuer à la création d’un espace panafricain durable de concertation médiatique et à l’élaboration de recommandations communes sur les grands défis de l’information. Parmi les résultats attendus, figurent la formation de plus de 250 professionnels des médias à travers des panels et des ateliers spécialisés, la production d’un rapport continental de recommandations, la mise en place de nouveaux partenariats inter-médias ainsi que le lancement d’une plateforme collaborative panafricaine.
Les initiateurs espèrent également renforcer le positionnement du Mali comme un pôle régional de référence dans les domaines du journalisme, de l’innovation médiatique et de la formation professionnelle.
Un programme centré sur les défis du secteur
La conférence inaugurale, placée sous le thème « Médias africains à l’ère du numérique : indépendance, innovation et souveraineté narrative », a donné le ton des échanges. Les discussions porteront notamment sur l’essor des médias numériques, la dépendance aux grandes plateformes technologiques, les nouveaux modèles économiques du secteur ainsi que les enjeux liés à la souveraineté informationnelle africaine.
Trois panels majeurs structureront les travaux : « La guerre de l’information et la construction d’une narration africaine souveraine » ; « La coopération médiatique et la mutualisation des contenus entre médias africains » ; « L’information en période de crise et de conflit ».
Des tables rondes complèteront les débats autour de thématiques telles que l’éducation aux médias, la protection sociale et économique des journalistes, l’intelligence artificielle ainsi que l’impact des réseaux sociaux sur les pratiques journalistiques.
Un rendez-vous pour l’avenir des médias africains
À travers cette initiative, les organisateurs souhaitent contribuer à l’émergence d’un écosystème médiatique africain plus fort, plus solidaire et davantage capable de répondre aux défis contemporains de l’information.
Dans un contexte mondial marqué par la désinformation, la concurrence des plateformes numériques et les batailles d’influence, le forum panafricain des médias apparaît comme une opportunité pour les professionnels africains de reprendre la maîtrise des récits concernant leurs pays, de renforcer leurs capacités et consolider une souveraineté informationnelle devenue essentielle au développement du continent.
Aminata Sanogo
