À l’occasion de la Journée mondiale de la population, célébrée chaque année le 11 juillet sous l’égide des Nations Unies, la croissance démographique et le développement durable reviennent au cœur des débats. Cette journée constitue également une occasion de s’interroger sur les défis liés à l’urbanisation rapide, notamment à Bamako, où les constructions anarchiques sur les emprises des cours d’eau aggravent les risques d’inondation. Au Mali, elle est commémorée sous le thème : « Réaliser les aspirations des jeunes par l’éducation, la culture et l’entrepreneuriat : un investissement pour la paix et le développement durable ».
Chaque saison des pluies rappelle une réalité préoccupante. Plusieurs quartiers de la capitale subissent des inondations qui entraînent des pertes en vies humaines, des dégâts matériels considérables et le déplacement de nombreuses familles. Si les fortes précipitations expliquent en partie ces catastrophes, elles sont aussi amplifiées par l’occupation irrégulière des lits, berges et voies naturelles d’écoulement des eaux.
Au fil des années, des habitations, des commerces et diverses installations ont été construits sur des espaces qui devraient rester libres pour permettre l’écoulement normal des eaux pluviales. Cette urbanisation anarchique réduit la capacité de drainage, favorise les débordements et expose des milliers de citoyens à des risques évitables.
Face à cette situation, l’avis des spécialistes de l’aménagement urbain n’est pas à négliger, certains rappellent que la pression démographique doit impérativement s’accompagner d’une planification rigoureuse.
À l’occasion de cette Journée mondiale de la population, les autorités maliennes sont interpellées afin de renforcer l’application des textes régissant l’occupation des sols, de protéger les servitudes des cours d’eau et de prévenir toute nouvelle construction dans les zones à risque. La restauration des voies d’évacuation des eaux, la sensibilisation des populations et la lutte contre les occupations illicites constituent des mesures essentielles pour réduire les inondations récurrentes.
La responsabilité est également collective. Les citoyens, les collectivités territoriales, les promoteurs immobiliers et les services techniques doivent œuvrer ensemble pour préserver les espaces destinés à l’écoulement des eaux. Respecter les règles d’urbanisme, c’est protéger des vies, des biens et l’avenir de Bamako.
En cette Journée mondiale de la population 2026, le Mali est appelé à faire de la gestion durable de son espace urbain une priorité. Une croissance démographique maîtrisée ne se limite pas au nombre d’habitants ; elle implique aussi des villes mieux planifiées, résilientes face aux changements climatiques et capables d’offrir un cadre de vie sûr aux générations présentes et futures.
Adja
