L’institut Panos Afrique de l’ouest (IPAO), en partenariat avec Avocats Sans Frontières-Mali (ASF-Mali) et Article 19 Afrique de l’Ouest, ont organisé la semaine dernière, deux ateliers de formation consacrés aux techniques de plaidoyer responsable et à la mobilisation citoyenne. Ces sessions, prévues du 21 au 22 juillet puis du 23 au 24 juillet 2026, s’inscrivent dans le cadre du projet « Renforcer l’espace civique et promouvoir les droits humains au Mali : vers une société démocratique et inclusive (ECDH) », financé par l’Union européenne.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, politiques et humanitaires persistants, où l’exercice des libertés publiques demeure fragile, cette initiative vise à renforcer les compétences des jeunes défenseurs des droits humains afin qu’ils puissent contribuer efficacement à la promotion de la liberté d’expression, du dialogue citoyen et de la participation démocratique au Mali.
À l’ouverture des travaux, le coordinateur régional Médias de l’institut Panos Afrique de l’ouest (IPAO), Birame Faye a rappelé l’objectif principal de ces ateliers, à savoir doter les jeunes acteurs de la société civile d’outils nécessaires pour élaborer des stratégies de plaidoyer efficaces et conduire des actions de mobilisation citoyenne responsables et apaisées. « Il s’agit de renforcer les capacités des jeunes défenseurs des droits humains afin qu’ils puissent promouvoir les droits humains, la liberté d’expression et une participation citoyenne active, tout en maîtrisant le cadre juridique applicable à leurs actions », a-t-il expliqué.
Lesdites sessions de formation réunissaient une vingtaine de participants par atelier, composés majoritairement de femmes et de jeunes défenseurs des droits humains ainsi que d’acteurs des médias et de leaders d’opinion engagés dans la promotion des libertés fondamentales. Au cours de chaque session, les participants ont bénéficié d’une approche interactive alternant exposés d’experts, échanges d’expériences, travaux de groupes, études de cas et simulations pratiques. Les différents modules portaient notamment sur les enjeux du plaidoyer dans le contexte malien, le cadre juridique relatif à la cybercriminalité et aux délits liés à la liberté d’expression au regard du Code pénal de 2024 et de la loi sur la presse, la loi n°2018-003 relative à la protection des défenseurs des droits de l’homme, les techniques de persuasion et de communication, la cartographie des parties prenantes, la communication numérique ainsi que l’élaboration d’un plan d’action collectif de plaidoyer.
Ces ateliers avaient plusieurs objectifs spécifiques, notamment l’amélioration de la compréhension du cadre juridique applicable à la cybercriminalité, le renforcement des capacités des jeunes défenseurs en matière de plaidoyer, la promotion d’un dialogue constructif avec les décideurs publics et la consolidation d’un réseau de femmes et de jeunes engagés en faveur d’un espace civique dynamique et inclusif.
Rappelons que le projet ECDH mis en œuvre par le consortium composé de l’IPAO, d’Avocats Sans Frontières-Mali et d’Article 19 Afrique de l’Ouest avec l’appui financier de l’Union européenne, ambitionne de renforcer l’État de droit, les libertés fondamentales et la participation citoyenne au Mali. Dans un environnement où les femmes et les jeunes demeurent sous-représentés dans les espaces de décision, malgré leur engagement au sein de leurs communautés, ces formations répondent à un besoin croissant de renforcement des compétences en plaidoyer et de structuration des réseaux d’acteurs de la société civile. Elles visent ainsi à favoriser aussi une participation plus inclusive aux politiques publiques et à contribuer à la consolidation d’un espace civique respectueux des droits humains et des libertés fondamentales.
Aminata Sanogo
