Chaque femme a droit à des soins respectueux et bienveillants en donnant la vie. C’est ainsi que dans le souci de proposer un meilleur plateau sanitaire aux femmes, l’office national sur la santé de la reproduction (ONASR), en collaboration avec IAMANEH MALI, a organisé une journée de plaidoyer en faveur de la lutte contre de la fistule obstétricale et les soins humanisés pendant l’accouchement. La cérémonie était présidée par la ministre de la santé, du développement social et de l’action humanitaire, Col Assan Badiallo Touré, en présence du directeur général de l’ONASR, du chargé de programmes IAMANEH SUISSE, Mme Diallo Fatoumata Sangaré et plusieurs acteurs du secteur de la santé.
La rencontre s’est tenue, le jeudi 10 juillet, à l’hôtel Salam de Bamako, avec comme thème « Plaidoyer en faveur des soins humanisés durant l’accouchement : chaque femme a droit à des soins respectueux et bienveillants en donnant la vie ».
Afin de relever les défis contre les violences obstétricales, les pratiques non respectueuses ou abusives pendant les accouchements, le non respects des droits des femmes, l’insuffisance des impacts sociaux, un environnement de soin souvent inapproprié pour répondre aux besoins des patientes, entre autres, l’office national sur la santé de la reproduction (ONASR) et IAMANEH MALI ont organisé cette journée, afin de transformer les structures sanitaires pour garantir les accouchements sécurisés, respectés ou alignés sur les aspirations des femmes, la réduction de la mortalité maternelle et néonatale.
Selon la chargée de programmes IAMANEH SUISSE, Mme Diallo Fatoumata Sangaré, en janvier 2024, sa structure a financé une nouvelle initiative de IAMANEH MALI dénommée « soins humanisés durant l’accouchement ». Ce projet a été initié en plus de contribuer à améliorer les conditions de vie de la population dans les communes rurales de Pélengana (Ségou) et la commune V du district de Bamako par l’amélioration de la qualité des soins maternels humanisés.
Soins humanisés ou le respect des droits des femmes
« Humaniser l’accouchement, c’est respecter les droits fondamentaux de la femme en travail, droit à l’information, aux consentements et aux confidentialités. C’est assurer la présence de l’accompagnant de son choix si elle le souhaite, c’est offrir un soin sans violence obstétricale, sans humiliation, sans traitement dégradant et enfin, renforcer l’autonomie des sages-femmes, agents de communautés véritables, plier du système de santé », a expliqué Mme Assan Badiallo Touré.
Selon Mme Diallo Fatoumata Sangaré, leur engagement s’inscrit dans une vision où chaque femme ou mère malienne doit bénéficier d’un accompagnement respectueux, sécurisé, adapté lors de l’un des moments les plus importants de leur vie qui est l’accouchement. En termes de statistiques, Mme Diallo Fatoumata Sangaré a indiqué que force est de voir que 800 femmes meurent chaque jour dans le monde au cours de leur 30 ème jour et 99% pour tous les décès maternels surviennent dans les pays en voie de développement comme le Mali.
Au Mali, selon les rapports d’études disponibles, en 2023, la fistule demeurait un problème de santé publique, estimé à environ un ou deux cas pour mille naissances dans certaines zones rurales. En plus, bon nombre de femmes subissent des lésions obstétricales graves durant les accouchements qui compromettent durablement leur qualité de vie.
Ainsi, Mme la ministre de la santé indiquera que l’accouchement est un moment important dans la vie d’une famille, car il constitue un instant d’espoir de vie et de longue vulnérabilité pour les femmes ainsi que pour les nouveau-nés. A ses dires, au Mali, de nombreux progrès importants ont été enregistrés dans le domaine de la santé maternelle et infantile, nombreux défis subsistent avec un taux de mortalité maternel à 325 décès pour 1000 naissances vivantes, le taux de mortalité néonatale à 29 pour 1900 vivantes et 9% de cas de fistule obstétricale, les 6,7% de femmes qui subissent des violences et des blessures pendant l’accouchement qui affecte considérablement la qualité de leur vie et leur bien-être.
Souhait : envisager des soins humanisés
Obtenir une adhésion pleine et entière des autorités, des décideurs, des prestataires de santé pour que chaque grossesse et accouchement dans les structures de santé bénéficie de cette approche humanisée est plus que nécessaire, a déclaré le chargé de programmes IAMANEH SUISSE.
Pour la ministre de la santé, il est urgent de changer le paradigme en accompagnant l’accouchement dans tous les pays, plus particulièrement, dans les zones rurales. A ses dires, l’accouchement ne doit plus être un risque ou un moment de souffrance, mais plutôt, pour chaque femme, un moment de puissance, de sécurité et de respect.
Il faut noter que la journée a enregistré les éclaircissements du Dr. Sarah Sissoko, gynécologue et le Pr. Mamadou Lamine Diakité, urologue, sur la fistule vésico-vaginale obstétricale au Mali. La journée a été marquée les témoignages et une prestation de slam sur le thème.
Adja
