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Au Mali, la courtoisie sur la voie publique est un aspect important de la sécurité routière et du vivre-ensemble. Elle implique le respect des règles de circulation et la prise en compte des autres usagers, qu’ils soient piétons, cyclistes, conducteurs de motos ou de voitures.
De nos jours, cette pratique a tendances à disparaitre exposant souvent les plus démunis à des risques. Aujourd’hui, tellement les limites sont dépassées qu’on ne peut même pas traverser la route à l’aise. Certains usagers nous donnent leurs impressions.
Mamadou Coulibaly usager de la route à moto : « Circuler même à Bamako aujourd’hui est un grand risque que tu sois à moto ou à pied. Les gens sont trop pressés au point que nous avons oublié nos bonnes pratiques. Céder le passage à quelqu’un aujourd’hui est trop risqué. Pas plus tard qu’hier, je me suis arrêté pour laisser passer une piétonne et un autre motocycliste est venu à toute vitesse et a failli renverser la bonne dame. Il n’a même pas pu freiner pour demander pardon… »
Moussa Balla Diarra, usager en voiture : « Tout l’incivisme sur les voies publiques est en grande partie causé par les motocyclistes. Ils ont du mal à céder le passage en oubliant qu’ils sont les plus faibles et les plus en danger. Gare à toi si tu décides de freiner pour laisser passer une personne à pied, tu risques d’être responsable d’un accident, soit on te cogne par dernière. Il faut juste qu’on revoie l’éducation au sein des familles… »
Amsétou Dramé, piétonne : « Je suis vendeuse en ville et chaque jour que Dieu fait, je vais en ville. Seul Dieu sait ce que nous autres piétons vivent dans la circulation. Tu peux faire 10 minutes étant arrêté au bord de la route, en voulant traverser et personne ne s’arrête ou même souvent quand l’un s’arrête, il faut bien voir avant de t’engager, sinon tu risques d’être renverser… »
Des initiatives mises en place pour améliorer la situation
Des initiatives gouvernementales, telles que la Journée Nationale de la Courtoisie sur la Route, visent à sensibiliser les Maliens à l’importance de la courtoisie et à promouvoir des comportements responsables.
Selon M. Alassane Moussa Kanté, chef de division éducation routière à l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), ils ont une division qui s’occupe du volet formation, sensibilisation et éducation routière. Leurs cibles sont les étudiants, les élèves, les forces de l’ordre, les chauffeurs, etc.
Aux dires de M. Kanté, l’ANASER sensibilise beaucoup les jeunes sur les comportements de courtoisie sur les voies publiques. A l’intérieur des villes, la police est un partenaire clé de l’ANASER et dans les zones rurales, c’est avec la gendarmerie qui s’occupe de la sensibilisation brousse. « Nous avons signé deux à trois conventions, une avec la police pour mener la sensibilisation dans les villes, une avec la gendarmerie pour les sensibilisations dans les campagnes et enfin, une avec la protection civile pour former les jeunes en soins de premier secours en cas d’accident. Juste pour dire que nous travaillons en synergie avec les forces de l’ordre. », dira M. Alassane Moussa Kanté.
De nos jours, l’insécurité routière prend de plus en plus de l’ampleur. Il faut un effort concerté de tous les usagers de la route pour pouvoir lutter efficacement contre ce fléau. Car, les accidents en grande partie sont liés au non-respect du code de la route. Pour parler des usagers de la route, il faut parler du code de la route. Celui qui respecte le code, respecte les usagers. Le respect des usagers passe par la courtoisie, la tolérance entre les usagers. Le manque de courtoisie peut engendrer des accidents.
Aminata Sanogo
