Profiter de la situation quoi qu’il advienne, telle est l’attitude de certains revendeurs de carburant. Ainsi, de 775 FCFA le litre à la pompe, ils revendent le litre d’essence à prix d’or, 1500 F voire plus. Par endroit, la peine des uns et des autres reste entière face à l’absence de choix après un long moment de recherche. Ainsi, vu la rentabilité de ce système de vente, on voit plusieurs réparateurs ou conducteurs de moto-taxi se transformer en vendeurs de carburant.
Dans son kiosque de pièces d’engins, Barou, réparateur est envahi par des acheteurs de carburant. Il a en sa possession trois bidons de 20 litres qu’il répartit difficilement entre des bouteilles, vu le monde autour de lui. Son prix est légèrement revu à la hausse, 1000 FCFA. A lui demander pourquoi cet écart, il sourit et estime avoir fait le rang et de s’être procuré par des manigances.
Kris, un réparateur connu ordinairement pour la vente de carburant, est à sec pour le moment. Il dira : « J’ai déjà envoyé mes commandes et j’attends. Ce qui est sûr, j’en aurai en fin de la journée et je pourrais écouler à ma guise à des gens ». Pour lui, le prix du litre dépendra de la quantité trouvée.
Dans un autre coin, Doulaye, propriétaire d’un site de vente de carburants, n’a pas changé de prix pour ses clients habituels, mais, il en vend à réévaluation aux autres, a-t-on constaté.
Alors, si telle est l’attitude de certains réparateur-vendeurs, que dire à des conducteurs de moto-taxi reconvertis ?
La conduite laissée au profit de la vente de carburant
Se réveiller à 5 heures du matin pour effectuer le rang du carburant en vue de le vendre est la pratique de certains conducteurs de moto-taxi par ce temps-ci. Dans les échanges, Oumar, est certain que les stations d’essence ne vendent plus aux vendeurs mini de bidons de 20 litres. Par contre, les conducteurs de moto-taxi se servent de leurs engins dont le réservoir peut prendre 10 litres. Ainsi, à travers deux tours, on a 20 litres qui peuvent être vendus en détail », dit-il. Et de poursuivre : « Ça c’est plus rentable que la conduite journalière de mototaxi. Car, dans cette situation, les gens ont tendance à s’épauler. En ce sens que ceux qui ont du carburant en profitent pour prendre en auto les clients. Aussi, dans cette situation, on a l’impression que les gens sortent peu ».
A ce passage, le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il est du devoir de tout citoyen de se battre pour l’intérêt commun. Autrement dit, développer son sens de citoyenneté face à une situation dont nul ne connaît l’issue pour le moment.
Alimatou Djénépo
