Au Mali, les cimetières ne sont plus seulement des lieux de recueillement et de prière. Depuis quelque temps, un nouveau phénomène attire l’attention des populations, la mendicité s’y installe, sous une forme de plus en plus visible et dérangeante.
Chaque vendredi, des familles se rendent aux cimetières pour faire recueillement sur les tombes de leurs proches pour y formuler des bénédictions et prier pour le repos éternel de leurs âmes. Mais à leur grande surprise, elles sont désormais accueillies par des jeunes et des enfants valides qui arpentent les allées des cimetières, quémandant quelques pièces.
Ces derniers se proposent parfois de « nettoyer » les tombes ou d’enlever des herbes, espérant en retour une petite somme d’argent. Cette pratique, qui s’apparente à une exploitation du lieu sacré, choque de nombreux visiteurs.
« C’est une forme de commerce autour du deuil. Ces jeunes profitent d’un moment de recueillement pour mendier, s’indigne une visiteuse rencontrée au cimetière de Niaréla.
Pour beaucoup, cette nouvelle forme de mendicité traduit à la fois la précarité croissante de la jeunesse et l’absence de contrôle dans ces lieux de mémoire collective.
Certains estiment que les autorités religieuses et communales doivent intervenir pour mettre fin à cette pratique, jugée irrespectueuse envers les morts et leurs familles.
Au-delà du phénomène, c’est une question de dignité et d’éducation sociale qui se pose, comment préserver le caractère sacré des cimetières tout en offrant des alternatives décentes à ces jeunes en quête de survie ?
Dado Camara
