Du 18 au 19 mai 2026, le centre Abbé David de Sébénicoro a accueilli la deuxième phase de la formation organisée dans le cadre du projet « Forum de la Presse », initié par le groupe Mali-Tribune avec l’appui du FAMOC. Cette session a réuni 90 journalistes et blogueurs autour des thématiques du journalisme de solutions, de la lutte contre la désinformation et des discours de haine. À travers ce programme, Mali-Tribune entend promouvoir le journalisme de solutions comme une approche innovante capable de contrer la désinformation et favoriser des récits porteurs d’espoir, de dialogue et de changement positif.
Prenant la parole à l’ouverture de ladite formation, la cheffe du projet, Mme Aminata Agaly Yattara a rappelé le contexte difficile auquel fait face le Mali. Selon elle, le pays est confronté à de nombreux défis, notamment les discours extrémistes, les tensions communautaires, les conflits fonciers, l’esclavage par ascendance, les affrontements entre agriculteurs et éleveurs ainsi que la prolifération de contenus haineux et de fausses informations qui fragilisent davantage le tissu social. « Dans un tel contexte, les médias ne peuvent pas se contenter d’être de simples relais de conflits, de polémiques ou de peur. Ils doivent devenir des acteurs de résilience, de dialogue et de transformation sociale. C’est précisément l’esprit du journalisme de solutions », a-t-elle déclaré. Elle a également souligné que cette formation vise à doter les professionnels des médias, d’outils pratiques leur permettant de produire des contenus responsables, constructifs et ancrés dans les valeurs du vivre-ensemble.
Lors de la première journée, le formateur Alexis Kalambry a expliqué que le journalisme de solutions ne consiste pas uniquement à décrire les problèmes, mais aussi, à documenter les réponses concrètes apportées aux crises sociales. Selon lui, cette approche journalistique analyse les initiatives mises en œuvre par les acteurs de terrain afin d’en mesurer l’impact et la possibilité de reproduction. « Le journalisme de solutions complète l’information traditionnelle. Il repose sur trois piliers essentiels : le problème, la solution et l’impact critique », a-t-il précisé.
La deuxième journée a été animée par Moussa Diarra qui a développé les modules consacrés à l’éthique et à la responsabilité sociale du journaliste ainsi qu’à la lutte contre la désinformation et les discours de haine.
Cette formation avait pour objectif principal de renforcer les capacités des journalistes et blogueurs maliens sur les techniques du journalisme de solutions, afin de promouvoir une information vérifiée, équilibrée et porteuse d’alternatives constructives. Plus spécifiquement, les participants ont été formés sur : les fondements du journalisme de solutions et sa distinction avec le journalisme traditionnel, l’identification et le traitement des sujets liés à la cohésion sociale, à la paix et au développement communautaire, les outils de fact-checking et de vérification des sources, les techniques de conception et de rédaction d’articles de solutions crédibles et inspirants, les principes d’éthique et de responsabilité sociale des médias face à la désinformation et aux discours de haine.
Le projet FAMOC s’articule autour de trois grands volets : la formation des professionnels des médias, la production de contenus journalistiques sur des thématiques sensibles telles que l’extrémisme religieux, la coexistence entre éleveurs et agriculteurs, l’esclavage par ascendance, la disparition des couloirs de transhumance ou encore la gestion des déplacés internes ainsi qu’une campagne digitale de sensibilisation.
À travers cette initiative, les organisateurs ambitionnent de faire des médias maliens des acteurs engagés dans la promotion de la paix, de la cohésion sociale et du développement durable.
Aminata Sanogo
