Il y a cinq ans jour pour jour, feu Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), le président démocratiquement élu, a été renversé par un coup d’Etat militaire applaudi par les populations, à travers la société civile et les responsables des anciennes formations politiques, un 18 août 2020. Après ce renversement, il y a eu beaucoup de réformes et de situations qui ont été ou non par les mêmes populations.
Du coup d’Etat de 2020 en passant par le coup de force de 2021 pour la rectification, le Mali a d’énormes difficultés pour faire face à la crise sécuritaire couplée à la crise sociopolitique et économique. A cela s’ajoutent les décisions sans appel des autorités de la transition qui sont devenues une source de problèmes entre notre pays et ses traditionnels partenaires.
Une chose est sûre, le délai de la transition a été prolongé contre toute attente à travers l’adoption d’un projet de loi octroyant au Général d’armée Assimi Goïta un mandat de cinq renouvelable autant de fois jusqu’à la pacification du pays. Parce que les dirigeants militaires avaient promis une transition rapide qui devrait prendre fin avec des élections libres et transparentes.
Aujourd’hui, les populations sont partagées.
D’un côté, certains se disent satisfaits de la gestion de la transition et espèrent sur un avenir meilleur, même si la majorité silencieuse peine à joindre les deux bouts. Ceux-ci sont allergiques à toutes critiques, mêmes constructives. Et malgré l’existence d’une loi sur la cybercriminalité, ils n’hésitent pas à manquer de respect à leurs concitoyens. Dès fois, on se demande s’ils ne sont pas au dessus de la loi.
De l’autre côté, d’autres sont partagés entre regret et inquiétude, notamment ceux qui se disaient acteurs clés du renversement du régime de feu IBK. Ceux-ci se sont vu retirer certains de leurs droits. Comme exemple, on peut citer la dissolution des partis politiques qui est une entrave à la démocratie acquise depuis plus de 30 ans. Du coup, tous les regroupements (marches, conférences, meetings, etc.) à caractère politique ont été interdits.
Il faut rappeler que du début de la transition à aujourd’hui, malgré leur capacité à s’adapter et à supporter, les populations ont du mal à rebondir ou à évoluer à cause des conséquences des crises sociopolitique, économique et sécuritaire. Chacun s’accroche comme il peut pour ne pas disparaître. On a l’impression que rien n’est fait pour soulager la souffrance des populations.
Si le président de la transition pouvait sortir de son cercle habituel pour connaître d’autres réalités qui sont sûrement cachées de la plus belle des manières… En tout cas, tout le monde est unanime de la souffrance des maliens.
Dado Camara
