Le Centre international de conférences de Bamako (CICB) a abrité la célébration de la Journée africaine de lutte contre la corruption, placée sous la présidence du ministre de la Refondation de l’État chargé des Relations avec les Institutions, Dr Yaya Gologo. Cette rencontre a réuni les représentants des institutions de la République, des départements ministériels, des autorités administratives indépendantes, des partenaires techniques et financiers, des organisations de la société civile ainsi que du secteur privé autour d’un objectif commun, renforcer la lutte contre la corruption au Mali.
Dans son allocution d’ouverture, le ministre a rappelé que la Journée africaine de lutte contre la corruption, célébrée chaque année par les États membres de l’Union africaine, constitue un moment privilégié pour évaluer les progrès accomplis, identifier les défis persistants et renouveler les engagements en faveur de la transparence, de la bonne gouvernance et de la reddition des comptes. Selon lui, elle s’inscrit pleinement dans la vision des plus hautes autorités de la Transition, qui placent la bonne gouvernance, la transparence et la moralisation de la gestion publique au cœur du processus de refondation de l’État.
Il a souligné que, depuis l’adoption de la Convention de l’Union africaine sur la prévention et la lutte contre la corruption, plusieurs pays africains ont entrepris d’importantes réformes en mettant en place des institutions spécialisées et en renforçant leurs dispositifs juridiques afin de mieux prévenir et combattre ce fléau.
Évoquant la situation du Mali, Dr Yaya Gologo a indiqué que les autorités de la Transition ont fait de la lutte contre la corruption l’un des piliers de la refondation de l’État. Cette volonté politique s’est notamment traduite par l’adoption et la mise en œuvre de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption (SNLCC) et de son Plan d’action 2023-2027, qui offrent un cadre cohérent pour prévenir, détecter et sanctionner les pratiques de corruption.
Le ministre a reconnu que le Mali, à l’instar de nombreux pays en développement, demeure confronté à des défis importants liés à la gouvernance, aux comportements socioculturels, aux stéréotypes et à la désinformation, autant de facteurs susceptibles de fragiliser les efforts de lutte contre la corruption. Selon lui, la refondation de l’État ne saurait se limiter aux seules réformes institutionnelles ; elle passe également par un changement profond des mentalités, la promotion de l’éthique, de l’intégrité et du civisme au sein de l’administration publique comme dans l’ensemble de la société.
Saluant la contribution des organisations de la société civile, des médias, des communicateurs, du secteur privé ainsi que des partenaires techniques et financiers, notamment le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Dr Yaya Gologo a insisté sur la nécessité de renforcer la synergie d’actions afin d’atteindre les objectifs fixés par la stratégie nationale.
Le représentant du PNUD, Adama Traoré, a pour sa part, réaffirmé l’engagement de son institution à accompagner le Mali dans le renforcement des mécanismes de gouvernance, de transparence et de lutte contre la corruption. Il a souligné que le PNUD poursuivra son appui aux initiatives visant à améliorer les performances des institutions publiques et le bien-être des populations maliennes.
L’un des temps forts de la cérémonie a été la présentation de la Stratégie nationale de lutte contre la corruption et de son Plan d’action 2023-2027 par le Secrétaire permanent, Dr Boubacar Tiémoko Konaté. Au cours de son exposé, il a passé en revue le contexte et la justification de la stratégie, le diagnostic de la corruption au Mali, les perspectives d’évolution, la vision, les objectifs, les axes stratégiques, les modalités de mise en œuvre, le schéma de financement ainsi que les mécanismes de suivi-évaluation et de révision.
Cette présentation a permis aux participants de mieux s’approprier des principaux outils mis en place par l’État pour prévenir et combattre durablement la corruption, tout en favorisant une gouvernance plus responsable et plus efficace.
En clôturant la cérémonie, le Secrétaire général du ministère de la Refondation de l’État chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahima Simpara, a exhorté l’ensemble des acteurs à poursuivre leurs efforts avec détermination. Il a souhaité que les échanges issus de cette célébration débouchent sur des actions concrètes susceptibles de renforcer l’intégrité des institutions et de consolider la confiance des citoyens envers l’administration publique.
Adja
