Dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale de lutte contre la corruption, une concertation entre les organisations de la société civile et les structures étatiques de contrôle et de vérification a eu lieu, le mardi 30 décembre 2025, au siège des organisations de la société civile. L’initiative vise à renforcer la synergie entre les acteurs étatiques et non étatiques engagés dans la promotion de la transparence et de la bonne gouvernance au Mali.
La corruption, un défi majeur de gouvernance
Prononçant le discours d’ouverture, la vice-présidente de la plateforme des femmes leaders du Mali (PFLM), Mme Traoré Nana Sissako a rappelé l’ampleur des défis liés à la corruption. « La lutte contre la corruption n’est ni un slogan, ni une option. C’est une exigence de gouvernance, un impératif de crédibilité institutionnelle et un engagement moral envers les citoyens », a-t-elle déclaré.
Selon elle, la corruption fragilise l’État, affaiblit la confiance des citoyens et compromet durablement l’efficacité de l’action publique. Elle a insisté sur la nécessité d’une mobilisation collective pour enrayer ce fléau qui affecte profondément la gouvernance publique.
Un dialogue entre acteurs étatiques et non étatiques
La rencontre a enregistré la participation de plusieurs structures clés de l’État, notamment le bureau du vérificateur général (BVG), l’office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI), le contrôle général des services publics (CGSP) et le pôle national économique et financier (PNEF). Ces institutions ont échangé avec les organisations de la société civile autour des mécanismes de prévention, de détection et de sanction des pratiques de corruption.
Mme Traoré Nana Sissako a souligné le rôle central des structures de contrôle et de vérification dans la lutte contre la corruption, tout en rappelant l’importance du contrôle citoyen. « La société civile joue un rôle essentiel dans la sensibilisation, le contrôle citoyen et la promotion de la redevabilité publique. Trop souvent, ces rôles évoluent en parallèle, sans cadre structuré de collaboration. L’enjeu aujourd’hui est clair : les faire converger », a-t-elle indiqué.
Vers une collaboration structurée et durable
Pour les initiateurs de la rencontre, la stratégie nationale de lutte contre la corruption offre un cadre de référence clair. Toutefois, son efficacité dépend de son appropriation et de sa mise en œuvre concertée par l’ensemble des acteurs concernés. L’objectif de cette concertation était ainsi de dépasser les échanges ponctuels pour instaurer une collaboration structurée, pérenne et opérationnelle entre la société civile et les structures de contrôle. Il s’agissait également de passer du simple partage d’informations à une action coordonnée et responsable ainsi que des recommandations formelles à leur mise en œuvre effective, assortie d’un suivi rigoureux.
Un engagement fort des organisations féminines
À l’instar du président du conseil national de la société civile, la présidente de la coordination des associations et ONG féminines du Mali (CAFO), Mme Goundo Sissoko a salué la mobilisation des participants et remercié les experts panélistes ayant pris part aux échanges. Elle a précisé que cette initiative s’inscrit dans le cadre d’un projet d’appui au renforcement du dialogue entre la société civile, l’État et les partenaires, financé par l’Union Européenne. « La valeur ajoutée de cette rencontre se mesurera à notre capacité collective à dépasser les constats pour produire des décisions opérationnelles, à les mettre en œuvre de manière coordonnée et à en assurer le suivi et l’évaluation dans un esprit de transparence », a-t-elle souligné, insistant sur la nécessité de restaurer la confiance des citoyens et de renforcer l’efficacité de l’action publique.
Des échanges tournés vers l’action
À l’issue des discussions, les participants ont exprimé leur volonté commune de traduire les échanges en actions concrètes, coordonnées et évaluables. Les travaux de cette rencontre ont ainsi été officiellement débuté dans un esprit de responsabilité partagée et d’engagement en faveur d’une gouvernance plus intègre et plus transparente au Mali.
Aminata Sanogo
