Depuis quelques années, les violences impliquant des jeunes après des jeux ou même souvent après de simples discussions au « grins » prennent une ampleur préoccupante au Mali. Bagarres de rue, agressions, affrontements entre jeunes de différents quartiers, vols et vandalisme deviennent de plus en plus fréquents, notamment dans les grandes villes. Ce phénomène, loin d’être marginal, reflète une crise sociale profonde qui interpelle toute une Nation.
Une jeunesse confrontée à la frustration et au désespoir
La majorité des jeunes maliens fait face à un avenir incertain. Le chômage, la pauvreté et l’abandon scolaire alimentent un sentiment de frustration. Privés de perspectives, certains jeunes basculent dans la délinquance ou la violence comme moyen d’expression ou de survie. Dans plusieurs quartiers populaires de Bamako, les jeunes se retrouvent laissés à eux-mêmes, sans encadrement, ni activités structurantes.
L’influence des groupes criminels à travers les réseaux sociaux
La montée de petits gangs urbains accentue cette spirale de violence. Ces groupes, souvent formés autour de quartiers ou d’affinités, recrutent des jeunes vulnérables. Ils leur promettent protection, argent ou reconnaissance sociale, mais les entraînent surtout dans la criminalité, les affrontements armés et parfois le trafic de drogue.
Les réseaux sociaux jouent également un rôle dans l’escalade de la violence. Des vidéos de bagarres, de provocations et des appels à la vengeance circulent rapidement, attisant les tensions. Ce qui aurait autrefois été un simple conflit local devient désormais un affrontement public, amplifié par le numérique.
Famille et école face à leurs responsabilités
La fragilisation de la cellule familiale et la crise du système éducatif contribuent aussi à cette situation. Certains parents, occupés par la survie économique, peinent à encadrer leurs enfants. De leur côté, bon nombre d’écoles manquent de moyens pour offrir un suivi adéquat, laissant de nombreux jeunes livrés à l’oisiveté et à la rue.
Quelles solutions pour enrayer la violence ?
Pour freiner cette dérive, plusieurs pistes sont envisagées : renforcer l’éducation civique, créer davantage de centres de formation et d’emplois pour les jeunes, soutenir les activités sportives et culturelles, et améliorer l’encadrement communautaire. Les autorités, les leaders religieux et la société civile doivent unir leurs efforts pour offrir à la jeunesse malienne des alternatives à la violence.
La violence des jeunes n’est pas seulement un problème de sécurité, c’est un signal d’alarme social. Investir dans la jeunesse, c’est investir dans l’avenir du pays. Sans réponses concrètes et durables, c’est toute la stabilité de la société qui reste menacée.
Aminata Sanogo
