Depuis plusieurs jours, le Mali fait face à une grave pénurie d’essence qui paralyse le quotidien des citoyens. Les stations-service, pour la plupart à sec, affichent des files interminables dès l’aube, pendant que les rares points d’approvisionnement sont pris d’assaut. Pendant ce temps, le silence des autorités suscite incompréhension et colère.
Dans les services publics comme dans le secteur privé, l’absentéisme au travail augmente. Nombre de travailleurs peinent à se rendre à leur poste, faute de carburant ou en raison de la flambée du coût du transport.
Les prix des transports en commun ont doublé, voire triplé, sous prétexte de la rareté du produit dans les stations. Les conducteurs de motos-taxis et de véhicules de transport urbain se disent eux aussi victimes d’une situation intenable.
Le secteur informel, qui dépend fortement de la mobilité, est particulièrement touché, tous voient leurs activités ralenties, voire à l’arrêt.
Dans les établissements scolaires, de nombreux élèves arrivent en retard ou manquent les cours, notamment ceux qui habitent loin de leur école.
Des rumeurs évoquent des retards d’approvisionnement au niveau des dépôts, d’autres pointent des problèmes logistiques aux frontières ou une mauvaise anticipation des besoins nationaux.
Manque de communication officielle
Mais au-delà des causes techniques, l’absence de communication officielle alimente la frustration. Les citoyens, déjà éprouvés par la cherté de la vie, se sentent abandonnés face à une crise qui affecte directement leur quotidien.
Il est urgent que les autorités sortent de leur mutisme et apportent des éclaircissements sur la situation. Une communication claire, accompagnée de mesures d’urgence, pourrait rassurer les populations et atténuer la tension croissante.
Le gouvernement est également interpellé à renforcer la surveillance du marché pour éviter les spéculations et garantir un approvisionnement régulier des stations-service.
Si rien n’est fait rapidement, la pénurie risque d’aggraver la précarité économique, de ralentir les services essentiels et de fragiliser davantage la cohésion sociale.
Les Maliens attendent des actes concrets et des réponses responsables à une situation devenue insupportable.
Dado Camara
