L’association des sages-femmes du Mali, avec l’appui technique et financier de WaterAid Mali, a organisé les 30 et 31 juillet 2026, au laboratoire Mérieux, un atelier de renforcement des capacités de ses membres sur le plaidoyer en faveur de l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement (WASH) dans les structures de santé, en particulier les maternités. La cérémonie d’ouverture était présidée par Mme Camara Aramata Mariko, représentante de l’office national de la santé de la reproduction (ONASR), en présence du directeur du département Programmes et Plaidoyer de WaterAid Mali, Aly Sow et de la présidente de l’association des sages-femmes, Mme Yalcoyé Awa Guindo.
Pendant deux jours, les participantes ont renforcé leurs connaissances sur les techniques de plaidoyer, développées leurs compétences en communication et en influence, tout en élaborant un plan d’action destiné à assurer le suivi des engagements pris en faveur de l’amélioration des services d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans les maternités.
Cette rencontre s’inscrit dans le cadre de la campagne de WaterAid intitulée « Eau potable, Hygiène et Assainissement pour la santé de la femme », à travers le slogan : « Un environnement sain pour un accouchement sûr ».
Dans son intervention, la présidente de l’association des sages-femmes du Mali a rappelé que son organisation s’est déjà engagée dans cette dynamique à travers l’adoption d’une charte et la transmission d’une note de plaidoyer au ministère de la santé. Selon elle, cet atelier marque une nouvelle étape en permettant aux sages-femmes de passer d’un engagement de principe à un plaidoyer plus structuré, stratégique et efficace. « Chaque jour, les sages-femmes accompagnent les femmes au moment où elles donnent la vie. Un accouchement sécurisé ne dépend pas uniquement de la compétence du personnel soignant ou de la disponibilité des médicaments. Il exige également un environnement propre, de l’eau potable, des toilettes fonctionnelles, des dispositifs de lavage des mains et de bonnes conditions d’hygiène. Malheureusement, ces exigences ne sont pas encore réunies dans toutes les structures sanitaires », a-t-elle souligné.
De son côté, Aly Sow a insisté sur le fait que l’accès à l’eau potable, à l’hygiène et à l’assainissement dans les établissements de santé dépasse la simple question des infrastructures. « Il s’agit d’un enjeu de dignité, d’équité, de qualité des soins et, surtout, de survie pour les mères et les nouveau-nés », a-t-il déclaré, estimant qu’aucune femme ne devrait être exposée à un risque d’infection au moment de l’accouchement et qu’aucun nouveau-né ne devrait commencer sa vie dans un environnement où les conditions minimales d’hygiène ne sont pas garanties.
Le responsable de WaterAid Mali a également rappelé les résultats d’une évaluation menée en 2024 par la direction générale de la santé et de l’hygiène publique avec l’appui de WaterAid Mali. Cette étude révèle que 57 % des établissements de santé ne disposent pas de douches adaptées pour les femmes ayant accouché, une situation particulièrement préoccupante dans les zones rurales. Pour Aly Sow, ces insuffisances démontrent l’ampleur des efforts qu’il reste à fournir afin que chaque maternité offre un cadre propre, sûr et digne pour les femmes et leurs nouveau-nés. C’est ainsi qu’il a souligné le rôle essentiel des sages-femmes dans cette dynamique de changement. Présentes au quotidien auprès des femmes, des familles et des communautés, elles sont les mieux placées pour identifier les difficultés du terrain et promouvoir des solutions durables, a-t-il indiqué. À ce titre, WaterAid Mali considère l’association des sages-femmes du Mali comme un partenaire stratégique de cette campagne.
Clôturant les interventions, la représentante de l’ONASR, Mme Camara Aramata Mariko a salué l’engagement constant de WaterAid Mali en faveur de la santé maternelle. Elle a rappelé que l’eau potable constitue un élément indispensable à la prévention des infections dans les maternités. « Sans eau potable, il est impossible de garantir le lavage des mains avant et après chaque intervention et de respecter les bonnes pratiques indispensables à un accouchement sécurisé », a-t-elle affirmé.
À travers cette initiative, les différents acteurs réaffirment leur volonté commune de renforcer le plaidoyer afin que toutes les maternités du Mali disposent de services adéquats d’eau, d’hygiène et d’assainissement, conditions essentielles pour assurer des soins de qualité et réduire les risques liés à la santé maternelle et néonatale.
Adja
