Le Centre international de conférences de Bamako (CICB) a abrité, le jeudi 10 septembre 2026, un atelier d’échanges consacré aux distinctions honorifiques à l’intention des cadres de l’encadrement supérieur. Présidée par le ministre de la Refondation de l’État, Dr Yaya Gologo, la rencontre, organisée en collaboration avec la Grande Chancellerie des Ordres nationaux, vise à renforcer la maîtrise des critères et procédures d’attribution des distinctions, tout en promouvant une véritable culture de la reconnaissance du mérite au sein de l’administration.
Dans son mot introductif, le Grand Chancelier des Ordres nationaux, le Général Amadou Sagafourou Guèye, a retracé l’histoire et la vocation du système malien des distinctions honorifiques.
« Les Ordres nationaux de la République du Mali ont été institués par la loi n°63-31/AN-RM du 31 mai 1963 », a rappelé le Grand Chancelier, soulignant que ce texte constitue le fondement juridique du dispositif national de reconnaissance du mérite.
Cette loi fondatrice a consacré trois distinctions majeures : « la Médaille d’Or de l’Indépendance, l’Ordre national du Mali et l’Étoile d’Argent du Mérite national ». Pour le Général Amadou Sagafourou Guèye, ces distinctions traduisent la volonté de l’État de reconnaître officiellement les contributions exceptionnelles à la construction et au développement du pays.
« Ces distinctions ont pour vocation de reconnaître et de récompenser les femmes et les hommes qui se distinguent par leur engagement exceptionnel au service de la Nation », a-t-il souligné.
Évoquant particulièrement l’Ordre national du Mali, le Grand Chancelier a expliqué qu’il vise à « honorer celles et ceux qui se sont distingués par des mérites exceptionnels et une fidélité continue dans l’accomplissement de services civils ou militaires au profit du pays ».
Au fil des décennies, le système s’est progressivement enrichi. « Le dispositif des distinctions honorifiques s’est progressivement élargi avec d’autres ordres et médailles », a indiqué le Général Amadou Sagafourou Guèye, citant notamment les domaines de l’agriculture, de la santé, du sport et du service militaire.
Cette évolution traduit, selon lui, la diversité des formes de mérite reconnues par la Nation.
Sur le plan institutionnel, il a précisé que « l’administration des Ordres nationaux est assurée par la Grande Chancellerie des Ordres nationaux, sous l’autorité du Grand Maître des Ordres nationaux, le Président de la République ».
Plus de soixante ans après leur création, les distinctions honorifiques demeurent ainsi, selon le Grand Chancelier, un instrument de reconnaissance du mérite et d’encouragement à l’excellence.
« Ils demeurent un instrument de reconnaissance du mérite, d’encouragement à l’excellence et de valorisation du service rendu à la Nation », a-t-il affirmé.
Le Général Amadou Sagafourou Guèye a également rappelé que la portée de ces distinctions dépasse le cadre protocolaire. « L’engagement au service de la collectivité, qu’il soit civil ou militaire, peut être reconnu et érigé en exemple pour les générations présentes et futures », a-t-il déclaré.
Dans son discours d’ouverture, le ministre de la Refondation de l’État, Dr Yaya Gologo, a placé la question des distinctions honorifiques dans une perspective plus large de transformation de l’administration publique.
Selon lui, la reconnaissance du mérite est étroitement liée aux valeurs que l’État entend promouvoir, notamment le mérite, le dévouement, l’intégrité, l’excellence et le sens du devoir.
Pour le ministre, une distinction honorifique ne doit pas être réduite à une médaille ou à une cérémonie officielle. Elle constitue avant tout « un message de la Nation » adressé à celles et ceux dont l’engagement et le mérite ont été reconnus.
Dr Yaya Gologo a toutefois insisté sur un principe essentiel : la distinction ne saurait être considérée comme un avantage automatiquement lié à un poste, à un grade ou à l’ancienneté. Elle doit reposer sur un mérite réel, un engagement reconnu et des services rendus à la Nation, conformément aux critères et procédures établis.
Le ministre a également mis l’accent sur le rôle du capital humain dans la transformation du pays. Pour lui, aucune réforme ni politique publique ne peut produire durablement ses effets sans des femmes et des hommes compétents, intègres et engagés.
Cette vision rejoint les ambitions du Programme national d’Éducation aux Valeurs (PNEV), adopté par le Gouvernement du Mali pour renforcer notamment l’éducation civique et patriotique, le respect des valeurs et la bonne gestion du bien public.
« Le PNEV ambitionne de faire émerger un citoyen malien nouveau, le Maliden Kura, appelé à traduire les valeurs du Mali Kura dans son comportement, son engagement et sa manière de servir l’État et les citoyens. Le choix de cibler les cadres de l’encadrement supérieur n’est pas fortuit », a expliqué le ministre.
Le choix de ces participants s’explique notamment par leur responsabilité dans le processus de proposition des candidatures aux distinctions honorifiques. Ils doivent, à ce titre, maîtriser le cadre institutionnel et juridique, les critères d’éligibilité ainsi que les procédures applicables.
« Lorsqu’une proposition de distinction est faite, il ne s’agit pas simplement de transmettre un dossier », a souligné Dr Yaya Gologo. Il s’agit, selon lui, de présenter à la Nation le parcours, les qualités et les mérites d’une personne.
Cette responsabilité appelle donc sérieux, discernement et respect de l’intérêt général, a-t-il indiqué.
Pour le ministre, la distinction honorifique ne récompense pas uniquement le passé. Elle peut également inspirer l’avenir en montrant que servir son pays avec compétence, loyauté, intégrité et dévouement a un sens et mérite d’être valorisé.
A travers cet atelier, le ministère de la Refondation de l’État entend ainsi contribuer à améliorer la qualité des propositions de candidatures, renforcer la transparence et la rigueur du processus de reconnaissance et consolider, au sein de l’administration publique, une véritable culture du mérite, de l’excellence, du civisme et du service de la Nation.
Adja
