Du 3 au 4 septembre 2026, la coalition pour l’observation citoyenne des élections au Mali (COCEM), en collaboration avec la Maison de la Presse, a organisé à l’hôtel Colibris une session de formation destinée à renforcer les capacités des professionnels des médias sur le processus des réformes en cours au Mali.
Initiée par la coalition pour l’observation citoyenne des élections au Mali (COCEM), en collaboration avec la Maison de la Presse, cette rencontre a réuni une trentaine de professionnels des médias, dont dix femmes ainsi que des membres du staff technique de la COCEM, des représentants du partenaire technique et financier et des personnes-ressources.
L’objectif principal de cette initiative était de créer un espace d’échanges entre les professionnels des médias autour du processus de réformes engagées dans le pays. Il s’agissait notamment de favoriser une meilleure compréhension et une appropriation des réformes par les citoyens, à travers une information fiable, pédagogique et accessible.
La formation visait également à permettre aux journalistes et autres professionnels des médias, de mieux maîtriser les principaux textes et orientations qui encadrent les réformes, mais aussi de développer et vulgariser des contenus destinés aux différentes catégories de citoyens. Le partage d’expériences sur les pratiques d’information et de sensibilisation relatives aux questions institutionnelles et citoyennes figurait également parmi les objectifs de la rencontre.
Les autorités saluent l’initiative
À l’ouverture des travaux, le représentant du maire de la commune V, Sory Ibrahima Doumbia a félicité les organisateurs pour cette initiative. Il a invité les participants à faire preuve d’assiduité et à tirer pleinement profit des deux jours de formation.
À sa suite, le vice-président de la COCEM, Abdoul Moumine Bocoum a souligné l’importance du rôle des médias dans l’accompagnement du processus de réformes.
A son tour, le conseiller chargé des affaires économiques et financières, représentant le gouverneur du District de Bamako, Mamadou Traoré a également salué l’initiative et réaffirmé la disponibilité de sa structure à accompagner ce genre d’action.
Les médias au cœur de l’appropriation des réformes
Depuis plusieurs années, le Mali est engagé dans une dynamique de refondation de l’État, portée par un ensemble de réformes politiques et institutionnelles. Cette dynamique s’est notamment matérialisée à travers les assises nationales de la refondation (ANR) de décembre 2021 et le dialogue inter-Maliens (DIM), qui ont formulé plusieurs recommandations en faveur d’une gouvernance plus vertueuse, inclusive, redevable et démocratique.
Ces orientations ont par la suite été intégrées dans différents cadres stratégiques, notamment le cadre stratégique pour la refondation de l’État et son plan d’action 2022-2031 ainsi que la Vision Mali Kura Netaasira Ka Ben San 2063, notamment à travers la stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033).
Malgré ces avancées, la mise en œuvre des réformes demeure confrontée à plusieurs défis. Parmi eux, figurent la faible participation des citoyens aux processus de réforme, l’insuffisance des mécanismes de concertation entre les autorités et les populations ainsi que les difficultés liées à l’appropriation des textes et orientations issus de ces différents processus.
La participation de certaines catégories de la population reste également limitée, notamment celle des femmes, des jeunes, des personnes vivant avec un handicap (PVH) et des personnes déplacées internes (PDI) dans les espaces de dialogue et de décision. Ce déficit de dialogue et de participation peut contribuer à renforcer la méfiance à l’égard des institutions et accroître les risques de polarisation sociale et de tensions politiques.
Renforcer les capacités des journalistes
Dans ce contexte, l’implication des professionnels des médias apparaît comme un levier essentiel. Les médias constituent en effet, un canal privilégié pour rendre les réformes plus compréhensibles et accessibles aux citoyens, expliquer le contenu des textes, dissiper les incompréhensions et contribuer à l’instauration d’un débat public éclairé.
La session organisée par la COCEM entend ainsi donner aux professionnels des médias, les outils nécessaires pour mieux comprendre les enjeux des réformes et produire des contenus de qualité. L’accent est également mis sur la nécessité de prendre en compte la participation et les préoccupations des groupes vulnérables dans le traitement médiatique des questions institutionnelles et citoyennes.
Echanges et apprentissage
Durant les deux jours de formation, plusieurs thématiques ont été abordées. Les participants ont notamment échangé sur les principaux textes régissant le processus de réformes, le rôle des médias dans leur vulgarisation et leur diffusion auprès des populations ainsi que sur la responsabilité des professionnels des médias dans l’information et la sensibilisation des citoyens.
Les techniques de production de contenus consacrés aux réformes ont également fait l’objet de discussions et d’exercices. Ces échanges ont permis aux participants de partager leurs expériences et d’identifier des approches et formats médiatiques susceptibles de rendre les réformes plus accessibles aux différentes catégories de la population.
À travers cette initiative, la COCEM entend contribuer au renforcement des capacités des médias et, au-delà, à une meilleure compréhension des réformes par les citoyens. Une information mieux maîtrisée et plus accessible pourrait ainsi favoriser une participation citoyenne davantage éclairée, inclusive et redevable dans le processus de refondation de l’État.
Aminata Sanogo
