L’accès à l’eau potable et à un assainissement adéquat demeure un droit fondamental pour chaque citoyen malien. Malgré les avancées sur le plan institutionnel et les engagements politiques du Mali, la politique nationale de l’eau (PNE), la politique nationale d’assainissement (PNA) ainsi que le nouveau code de l’eau, tardent à être adoptées de manière définitive. Face à cette situation, la CN-CIEPA, plateforme de la société civile œuvrant pour l’accès équitable à l’eau et à l’assainissement et ses partenaires, reprend son rôle d’éveil de conscience et de plaidoyer auprès des autorités et des citoyens. D’où cette conférence de presse animée, le mercredi 20 août 2025, à son siège par le président de la CN-CIEPA, Dounantié Dao, le directeur exécutif de la CN-CIEPA, Boureïma Tabalaba et Mme Maïga Fanta Diarra de l’ONG AMAPROS.
Au Mali, les conditions d’accès aux services d’eau potable, d’hygiène et d’assainissement demeurent préoccupantes. Selon les données de la direction nationale de l’hydraulique (DNH), la situation d’accès à l’eau potable est passée de 71, 9% en 2022 à 72,1% en 2023 au niveau national. Néanmoins, la répartition est inégale, car le taux en milieu rural est 67,8 % contre 82,8 % en milieu urbain.
Or, la nouvelle constitution promulguée en juillet 2023 par le président de la Transition reconnaît, tant dans son préambule que dans ses articles 10 et 25, que l’eau et l’assainissement sont un droit humain fondamental. Aussi, le cadre stratégique pour la relance économique et développement durable CREDD 2019-23 fait de l’accès à l’eau et l’assainissement une des priorités nationales.
Afin de réaliser cet objectif (ODD6) d’ici à 2030, le Mali a décidé de réviser ces politiques en vue de les arrimer avec les objectifs de développement durable. C’est ainsi que la CN-CIEPA/WASH, société civile du secteur eau et assainissement s’est approprié cette démarche.
Ainsi, la mise en œuvre du plaidoyer en faveur de l’adoption définitive de la PNA/PNE et du projet de code de l’eau du Mali, la CN-CIEPA a encore entamé la campagne de presse. Dans le but de contribuer à assurer l’adoption définitive par le gouvernement de la PNE/PNA et du projet de code de l’eau du Mali.
Selon Boureïma Tabalaba, directeur exécutif de la CN-CIEPA, seulement 42 % des centres de santé disposent des installations d’hygiène des mains fonctionnelles (avec de l’eau et du savon et / ou un désinfectant pour les mains à base d’alcool) dans les salles de soins et à moins de 5 mètres des toilettes. S’agissant de la gestion des déchets de centre, dans 52 % des centres de santé, les déchets sont séparés en toute sécurité dans au moins trois bacs et les objets tranchants et infectieux sont traités puis éliminés en toute sécurité. Ce taux est de 61 % en milieu rural et 48 % en milieu urbain.
Plusieurs facteurs expliquent ce retard dans l’adoption de ces textes cruciaux pour le secteur de l’eau et de l’assainissement. Il s’agit notamment de l’instabilité institutionnelle, du manque de financement pour l’élaboration des documents, de la lenteur administrative ainsi que de l’exigence récente d’un aval préalable du ministère des finances pour toute politique nationale. À cela s’ajoute une absence manifeste de volonté politique, a affirmé Boureïma Tabalaba, directeur exécutif de la CN-CIEPA,
La CN-CIEPA/WASH et d’autres partenaires du Mali dont AMAPROS/ DIAKONIA dans le cadre du projet « Renforcement des capacités des organisations de la société civile pour leur participation au processus démocratique à la gestion transparente des ressources publiques et à la lutte contre la corruption », œuvrent pour l’accès universel des maliens à des services d’alimentation en eau potable et assainissement. C’est ainsi qu’ils ont pris l’initiative d’engager un processus permettant d’analyser la situation globale du secteur, afin de proposer des alternatives à même de booster ce processus qui s’éternise dans la durée.
Adja
