Après deux semaines de suspension des cours à cause de la pénurie aiguë de carburants, les établissements scolaires ont rouvert leurs portes, ce 10 novembre 2025, dans plusieurs localités du pays. Si la reprise était très attendue par les élèves, parents et enseignants, la réalité sur le terrain reste mitigée : les difficultés d’approvisionnement en carburant persistent, compromettant ainsi le retour normal des activités pédagogiques.
Dans certains établissements, seule une partie des enseignants et élèves ont pu se présenter. Les trajets deviennent très compliqués et parfois impossibles, plusieurs salles de classe sont restées à moitié vides.
Au Collège Mama Dembélé de Niamakoro Koko, le censeur, Monsieur Nouhoum Dembélé, explique la situation : « Nous avons repris ce matin, mais malheureusement, la reprise n’est pas effective. Deux de nos enseignants n’ont pas pu venir, faute de carburant. Nous avons décidé de regrouper tous les cours dans la matinée afin d’éviter les va-et-vient. Beaucoup d’élèves également sont absents. L’objectif est de permettre à ceux qui viennent de loin de pouvoir faire l’effort de marcher et ne pas rater les cours. »
Au Lycée L. Niama de la même localité, l’absentéisme était aussi très visible. Dans plusieurs classes, l’absence des enseignants a entraîné le départ progressif des élèves. Les salles se sont vidées au fur et à mesure que l’heure avançait, laissant présager que même si les enseignants de la deuxième heure arrivaient plus tard, ils auraient du mal à retrouver leurs élèves.
Cependant, la situation n’est pas la même partout. À l’école privée Fatoumata Sogodogo de Missabougou, tout comme au Lycée Tigana Daliba de Niamakoro Cité UNICEF, l’ensemble du personnel enseignant a répondu présent. Selon le proviseur Modibo Camara, ce qui a permis une reprise plus stable des cours.
De nombreux élèves et enseignants se retrouvent néanmoins encore bloqués. Issiaka Sanogo, enseignant résidant à Samè et affecté à un collège de Niamakoro, n’a pas pu se rendre à l’école pour manque de carburant.
Ramatoulaye Samaké, élève au lycée Kankou Moussa de Daoudabougou raconte : « Aujourd’hui, je n’ai pas pu assister aux cours, faute de moyen de déplacement. Je me prépare pour demain, même s’il faut marcher. Sinon, je vais finir par rater beaucoup de cours. L’initiative des autorités est bonne, mais il faut reconnaître que le problème d’essence n’est pas encore résolu. »
Une reprise encourageante mais insuffisante
Si la réouverture des établissements constitue une étape importante pour éviter une année perturbée, la crise du carburant continue de ralentir les activités scolaires. Les autorités sont donc appelées à intensifier les efforts pour assurer un approvisionnement stable, afin que la reprise devienne effective dans toutes les localités du pays.
Aminata Sanogo
