À l’instar des autres pays du monde, le Mali s’apprête à célébrer, ce 14 novembre, la journée mondiale du diabète. En prélude à cette commémoration, une conférence de presse s’est tenue, ce mercredi 12 novembre 2025, au Centre de lutte contre le diabète, afin de lancer officiellement les activités prévues. Le thème retenu cette année est « Diabète et bien-être », avec un sous-thème particulièrement significatif : « Les pieds diabétiques ». Un choix motivé par la recrudescence des plaies au niveau des pieds chez les personnes atteintes de diabète.
Selon Dr Bah Traoré, diabétologue à l’hôpital du Mali, le diabète se définit comme une élévation anormale du taux de sucre dans le sang. Il explique que le pied diabétique correspond à une infection, une ulcération ou une destruction des tissus profonds du pied, souvent provoquée par une mauvaise circulation sanguine et une perte de sensibilité. « Cette affection peut entraîner de graves complications, voire des amputations, si elle n’est pas correctement prise en charge », prévient-il. Dans son service, le constat est alarmant : sur 20 lits d’hospitalisation, 19 patients sont admis pour des plaies liées au diabète, 15 ont subi une amputation et seulement 4 sont guéris. Au centre de lutte contre le diabète, communément appelé Banantoukoro, la situation serait encore plus préoccupante. Dr Traoré a rappelé que le pied diabétique touche principalement les adultes âgés de 45 à 65 ans, une tranche d’âge constituant la force active des familles. Pour prévenir ces complications, il a recommandé une inspection quotidienne des pieds, le port de chaussures adaptées, une hygiène rigoureuse (lavage et séchage soigneux des pieds chaque soir, application de beurre de karité avant de dormir, port de chaussettes, puis retrait le matin), une alimentation équilibrée et la vaccination contre certaines infections.
De son côté, Dr Mahamadou Coulibaly, représentant de la direction générale de la santé et de l’hygiène publique, a présenté le plan stratégique national de lutte contre les maladies non transmissibles, notamment le diabète. Il a rappelé que cette maladie chronique résulte d’un excès de sucre dans le sang, dû soit à une production insuffisante d’insuline par le pancréas, soit à une mauvaise utilisation de cette hormone par l’organisme. Cependant, il regrette le manque de données fiables sur la prévalence du diabète au Mali ainsi que les difficultés majeures rencontrées dans sa prise en charge : pénurie de personnel qualifié, instabilité du personnel formé et absence de certains indicateurs dans le système d’information sanitaire (DISH2).
Le président de la fédération nationale des diabétiques du Mali (FéNaDim), M. Karfa Maïga a souligné que cette journée vise avant tout à sensibiliser sur les défis liés à l’accès aux soins pour les milliers de Maliens vivant avec le diabète. Elle cherche également à réduire les facteurs de risque chez les personnes vulnérables, à diminuer la morbidité et la mortalité associées à la maladie.
Enfin, Dr Nana Camara, cheffe du projet prévention de l’ONG Santé Diabète, a mis en avant les progrès réalisés dans la lutte contre le diabète au Mali, notamment à travers les maisons de prévention et les stratégies communautaires visant à améliorer la prise en charge et la sensibilisation.
Signalons que cet événement est organisé conjointement par la fédération nationale des diabétiques du Mali (FéNaDim) et l’association malienne de lutte contre le diabète (AMLD), en collaboration avec le ministère de la santé et du développement social, l’ONG Santé Diabète et plusieurs autres partenaires.
Adja
