Chaque année, la date du 28 mai marque la célébration de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle. Cette occasion permet de mettre en lumière les défis liés à la gestion des menstruations et de promouvoir les bonnes pratiques indispensables à la santé, à la dignité et au bien-être des filles et des femmes.
Au Mali, les défis demeurent importants. Selon le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), 57 % des personnes déplacées internes sont des femmes et des filles, particulièrement exposées aux violences basées sur le genre ainsi qu’au manque d’accès aux produits et services d’hygiène menstruelle.
Les données de l’enquête démographique et de santé du Mali (EDSM-VI) révèlent par ailleurs que près de 10 % des filles abandonnent leur scolarité en raison d’une mauvaise gestion de leur hygiène menstruelle. De plus, selon la cellule de planification et de statistique (CPS) du secteur éducation et l’UNICEF, seulement 2,13 % des établissements scolaires disposent de toilettes garantissant une intimité adéquate aux filles. Plus préoccupant encore, à peine 0,71 % des écoles sont équipées de dispositifs adaptés à l’élimination des protections hygiéniques usagées. Ces insuffisances ont des répercussions directes sur la fréquentation scolaire, la participation en classe et l’épanouissement des adolescentes.
Dans de nombreuses communautés, les menstruations restent entourées de tabous et de croyances erronées. Cette situation limite souvent l’accès des jeunes filles à des informations fiables sur leur santé reproductive. Pourtant, les spécialistes de la santé soulignent qu’une mauvaise hygiène menstruelle peut favoriser certaines infections et affecter le bien-être physique, psychologique et social des adolescentes.
Face à cette réalité, le dialogue entre parents et enfants apparaît comme un élément clé. L’éducation et l’accès à une information de qualité contribuent non seulement à une meilleure gestion des menstruations, mais aussi au renforcement de la confiance en soi et à la lutte contre les discriminations liées aux règles.
Lorsque les filles disposent de connaissances et de moyens nécessaires, elles sont davantage en mesure de vivre leurs menstruations dans des conditions sûres, saines et dignes. Les experts encouragent ainsi les parents, les enseignants et les éducateurs à jouer un rôle actif dans l’accompagnement et l’orientation des adolescentes.
À l’occasion de la journée mondiale de l’hygiène menstruelle, un constat s’impose : la sensibilisation demeure l’un des outils les plus efficaces pour prévenir les risques sanitaires liés à une mauvaise gestion des menstruations. En donnant aux filles les connaissances et les ressources dont elles ont besoin, elle contribue à bâtir une société où les règles ne sont plus source de peur, de honte ou de stigmatisation, mais de compréhension, de confiance et d’autonomisation.
Adja
