Chaque année, la Quinzaine de l’Environnement rassemble autorités, experts, organisations de la société civile et citoyens autour des défis environnementaux du Mali. Pourtant, après vingt-sept éditions, une question continue de préoccuper les populations : pourquoi les problèmes d’assainissement persistent-ils malgré les nombreuses campagnes de sensibilisation et de nettoyage ?
À l’approche de l’hivernage, plusieurs quartiers de Bamako et des grandes villes du pays présentent encore des caniveaux obstrués par des déchets ménagers. Cette situation favorise non seulement les inondations, mais aussi la prolifération des maladies liées à l’insalubrité.
Certes, la Quinzaine de l’Environnement a permis de renforcer la prise de conscience collective. Les opérations de salubrité, les activités de reboisement et les actions éducatives menées depuis plus de deux décennies ont contribué à sensibiliser des milliers de citoyens. Toutefois, les résultats sur le terrain demeurent insuffisants face à l’ampleur des défis.
Dans plusieurs communes notamment à Bamako, les dépôts sauvages d’ordures continuent de se multiplier. Les infrastructures de collecte et de traitement des déchets peinent à suivre la croissance démographique et l’urbanisation rapide. De nombreux habitants dénoncent également l’absence d’un suivi régulier après les grandes campagnes de nettoyage.
Cette réalité doit interpeller l’ensemble des acteurs. Car, l’assainissement exige des actions permanentes, des investissements durables et une responsabilité partagée entre les pouvoirs publics, les collectivités territoriales et les citoyens.
Alors que le changement climatique accroît les risques d’inondations et de dégradation de l’environnement, le Mali ne peut plus se contenter de constats. Les populations attendent des solutions concrètes : amélioration de la gestion des déchets, entretien régulier des caniveaux, renforcement des services d’assainissement et application stricte des règles d’hygiène publique.
Après vingt-sept éditions de la Quinzaine de l’Environnement, l’heure est venue de transformer les engagements en résultats visibles. Sans une mobilisation continue, l’insalubrité risque de demeurer l’un des principaux obstacles au développement durable et à la santé publique dans le pays.
Adja
