Au Mali, les femmes sont sous représentées dans les instances de prise de décision. Le respect de leurs droits à la participation à la vie publique et politique reste un défi à relever surtout dans ce contexte de crise et de refondation, malgré l’existence des lois et instruments de promotion et de protection des droits des femmes dans notre pays.
Dans le préambule de la Constitution promulguée le 22 juillet 2023, le Mali s’engage à garantir le respect des droits humains, en particulier ceux de la femme, de l’enfant et des personnes vivant avec un handicap, consacrés par les traités et accords sous régionaux et internationaux signés et ratifiés par notre pays.
Mieux, l’Article 1 de la Constitution stipule que « Tous les Maliens naissent et demeurent libres et égaux en droits et en devoirs. Toute discrimination fondée sur l’origine sociale, la religion, la couleur, la langue, la race, l’ethnie, le sexe, la religion ou l’opinion politique est prohibée ». En outre, le pays dispose de la Loi N°2015-052/ du 18 décembre 2015 instituant des mesures pour promouvoir le genre dans l’accès aux fonctions nominatives et électives.
Les actrices et acteurs des organisations de défense des droits des femmes et des filles rappellent, à chaque occasion, le rôle incontournable des femmes dans la stabilisation et le développement d’une nation.
Cependant, leurs revendications pour assurer leur représentativité dans les organes de prise de décision ne sont pas entendues par les décideurs publics. A chaque vague de nominations politiques, le nombre de femmes est minime et en deçà des attentes. Au niveau des institutions et directions des services centraux, cette faible représentativité des femmes est très visible.
Malgré l’indisponibilité des données actualisées sur la situation, nous relevons quand même des informations documentaires qui préoccupent. Selon le profil Genre de l’ONU FEMMES de 2021, au niveau de la présidence de la république, il n’y avait que 4,1% de femmes. Au conseil national de la Transition (CNT), les femmes constituent moins de 30% des 147 membres, selon la liste des membres publiée en décembre 2020. Au niveau de l’administration territoriale, il n’existe que 2 femmes gouverneurs sur 20, soit une représentativité de 5%.
Le défi de la participation plus soutenue
Dans le contexte actuel de crise et de Refondation, la participation systématique des femmes dans la réflexion des décisions et politiques, la planification, la législation, les procédures et processus est plus que nécessaire. La prise en compte des besoins spécifiques des femmes et des filles n’est pas possible sans l’implication systématique des femmes notamment à travers les consultations des organisations féminines nationales et locales à chaque initiative, de décisions, de mesures touchant l’intérêt général. Certes, le gouvernement consulte le conseil national de la société civile à travers la CAFO, le REFAMP, Groupe Pivot/droits et citoyennetés des femmes, entre autres, par des invitations formelles pour les impliquer à la participation des femmes à la vie publique et politique, mais cette approche existante a besoin d’améliorations innovantes pour plus d’inclusion et d’efficacité.
Dado Camara
