Malgré leur rôle essentiel dans la chaîne de production agricole, les femmes transformatrices au Mali restent confrontées à de nombreuses difficultés, notamment l’accès à la terre, au crédit et aux équipements adaptés. Cette réalité a été mise en lumière par la présidente de la coopérative MUKANSI, Sangaré Aïchata Koné, lors de la commémoration du 8 mars organisée par son organisation autour du thème : « L’autonomisation des femmes par l’agro-transformation ».
Dans son intervention, elle a insisté sur le fait que l’autonomisation des femmes ne doit pas se limiter à un discours. Selon elle, il s’agit avant tout, de permettre aux femmes de prendre des décisions pour elles-mêmes, de subvenir à leurs besoins et de jouer pleinement leur rôle dans l’économie nationale. Elle a rappelé que dans de nombreuses communautés, les femmes sont déjà très actives dans le secteur agricole. Elles participent à toutes les étapes : culture, récolte, tri et transport. Pourtant, en dépit de cet engagement, elles occupent encore les segments les moins rémunérateurs de la chaîne de valeur, avec des revenus souvent faibles et instables. Face à cette situation, l’agro-transformation apparaît, selon elle, comme une véritable opportunité de changement économique et social. Transformer les produits agricoles ne consiste pas uniquement à les conserver ou à les rendre plus attractifs, mais aussi à augmenter leur valeur marchande, créer des emplois et réduire les pertes après récolte. Elle a illustré ses propos par des exemples concrets comme la transformation du mil en farine enrichie, du lait en fromage ou encore des fruits en jus et en confiture. « En proposant des produits finis prêts à être consommés, les femmes ne vendent plus de simples matières premières, mais des produits à forte valeur ajoutée », a-t-elle expliqué. Une évolution qui permet non seulement d’augmenter leurs revenus, mais aussi d’améliorer les conditions de vie de leurs familles, notamment en matière d’éducation et de santé, tout en renforçant leur autonomie et leur statut social.
Cependant, pour que cette dynamique porte pleinement ses fruits, plusieurs conditions doivent être réunies. Sangaré Aïchata Koné a ainsi souligné l’importance de l’accès à la formation, afin de renforcer les compétences des femmes en transformation, en hygiène, en conservation et en gestion. Elle a également insisté sur la nécessité de faciliter l’accès aux équipements indispensables pour améliorer la qualité et la quantité de la production.
L’accès au financement constitue un autre défi majeur. Sans ressources financières adaptées, les initiatives restent limitées et peinent à se développer. À cela s’ajoute la question de l’accès aux marchés, essentielle pour assurer l’écoulement des produits, tant au niveau local qu’au-delà.
Enfin, elle a plaidé pour une meilleure promotion de la consommation locale. Encourager les populations à privilégier les produits transformés sur place revient, selon elle, à soutenir directement les femmes et à renforcer l’économie nationale. « À la coopérative MUKANSI, nous sommes convaincues que l’agro-transformation est un levier puissant pour sortir les femmes de la précarité. C’est pourquoi nous nous engageons à renforcer leurs capacités, à promouvoir les produits locaux et à créer des opportunités économiques durables », a-t-elle conclu.
Adja
