Le centre international de conférences de Bamako (CICB) a abrité, le 11 juin 2026, le lancement officiel de la 22ème édition de la campagne nationale de promotion de la planification familiale (PF), couplée au dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus. Placée sous le thème : « L’accès aux services de planification familiale, un droit pour tous : les jeunes et les personnes handicapées sont concernés », cette campagne se poursuivra jusqu’au 30 juin 2026.
Organisée par l’office national de la santé de la reproduction (ONASR) et le ministère de la santé et du développement social avec l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers, notamment l’UNFPA Mali, cette initiative vise à renforcer l’accès aux services de santé reproductive et à promouvoir le dépistage précoce des cancers féminins.
Des objectifs ambitieux
Selon les prévisions du plan d’action national budgétisé pour la planification familiale (PANB-PF 2025-2029), cette 22ème édition devra permettre aux régions de réaliser près de 30 % des recrutements annuels attendus, soit 429 095 nouvelles utilisatrices des méthodes modernes de planification familiale. La campagne ambitionne également de recruter 40 000 femmes éligibles au dépistage des cancers du col de l’utérus et du sein.
Malgré les progrès enregistrés ces dernières années, les autorités sanitaires reconnaissent que d’importants défis subsistent. L’accès aux services de planification familiale demeure limité pour de nombreuses femmes, notamment dans les zones rurales et périurbaines. En plus, il faut reconnaître que les cancers du sein et du col de l’utérus continuent de représenter une menace majeure pour la santé des femmes, souvent en raison d’un diagnostic tardif.
Une approche intégrée pour améliorer la santé des femmes
Présidant la cérémonie, le secrétaire général du ministère de la santé et du développement social, Dr Abdoulaye Guindo a salué l’engagement constant des partenaires techniques et financiers aux côtés du gouvernement dans la mise en œuvre des politiques et programmes de santé, particulièrement en matière de santé reproductive. Selon lui, la santé de la mère et de l’enfant demeure une priorité de la politique nationale de santé. « La planification familiale constitue un levier essentiel pour améliorer le bien-être des familles, réduire la mortalité maternelle et infantile et promouvoir le développement socio-économique du pays », a-t-il affirmé. Dr Guindo indiquera que cette campagne intégrée vise à rapprocher davantage les services des populations, à sensibiliser les communautés et à offrir des prestations de qualité en matière de planification familiale et de dépistage précoce des cancers féminins. « Cette approche intégrée est à la fois pertinente et stratégique. Elle permet d’optimiser les ressources, d’élargir la couverture des services et de renforcer l’impact des interventions sur le terrain », a-t-il expliqué. À travers cette campagne, les autorités entendent accroître l’utilisation des méthodes modernes de planification familiale, favoriser le dépistage précoce des cancers du sein et du col de l’utérus, sensibiliser les populations à l’importance de la prévention et contribuer ainsi à sauver davantage de vies, a-t-il laissé entendre. Le secrétaire général a également appelé les leaders communautaires et religieux ainsi que les organisations de la société civile à s’impliquer activement dans la mobilisation sociale afin d’assurer le succès de cette campagne.
La planification familiale, un investissement pour l’avenir
Intervenant au nom des partenaires techniques et financiers, Dr Seydou Traoré, chef de file des partenaires, a rappelé l’importance de la planification familiale dans l’amélioration des indicateurs de santé.
« Chaque jour au Mali, des milliers de femmes prennent une décision qui peut leur coûter la vie : celle de donner la vie. Mais combien d’entre elles peuvent choisir le moment, choisir l’espacement des naissances, choisir en toute liberté et en toute sécurité ? C’est à cette question simple, mais décisive que la planification familiale apporte une réponse », a-t-il déclaré. Pour lui, cette 22ème édition symbolise « 22 années de constance et d’engagement » en faveur de la santé reproductive. Dr Traoré a qualifié la planification familiale comme « l’un des investissements les plus rentables qu’une nation puisse consentir ». Selon lui, elle permet de sauver des vies, de protéger les mères, d’offrir un meilleur avenir aux enfants et de libérer le potentiel des femmes.
Toutefois, il a rappelé que le Mali fait face à des défis importants, notamment une croissance démographique estimée à 3,3 % par an ainsi qu’un niveau encore élevé de mortalité maternelle et infantile.
Un thème placé sous le signe de l’inclusion
Revenant sur le thème retenu cette année, Dr Seydou Traoré a insisté sur la nécessité de garantir un accès équitable aux services de santé pour tous les citoyens, sans distinction. Selon lui, le thème de cette édition n’est pas un simple slogan, mais un véritable engagement reposant sur trois exigences fondamentales : l’équité dans l’accès aux services de santé, l’inclusion des personnes souvent oubliées, notamment les jeunes et les personnes handicapées, ainsi que la réponse concrète aux besoins des groupes marginalisés. « Un droit qui n’est pas accessible à tous n’est pas pleinement un droit », a-t-il conclu.
À travers cette campagne nationale, le gouvernement malien et ses partenaires réaffirment ainsi leur volonté de renforcer l’accès universel aux services de santé reproductive et de promouvoir une meilleure prise en charge des cancers féminins, au bénéfice des femmes, des familles et de l’ensemble de la société.
Aminata Sanogo
