À l’occasion de la journée de l’enfant africain, célébrée chaque année le 16 juin, la Coalition malienne pour les droits de l’enfant (COMADE), en collaboration avec l’UNICEF et le parlement des enfants, a organisé une conférence de presse à la Maison de la Presse de Bamako. La rencontre avait pour principal objectif de présenter et de vulgariser les recommandations formulées par le comité des droits de l’enfant des Nations Unies à Genève à l’endroit du Mali.
Représentant le président de la COMADE, M. Nouhoum Koné a rappelé que le Mali avait fait « le bon choix » en ratifiant la Convention relative aux droits de l’enfant. Selon lui, cette adhésion implique pour les États parties, l’obligation de rendre régulièrement compte des progrès accomplis dans la mise en œuvre de leurs engagements internationaux. Il indiquera que le Comité des droits de l’enfant avait adressé 134 recommandations au Mali, lesquelles ont été acceptées pour analyse et mise en œuvre. Avec l’appui de l’UNICEF, la COMADE entend mener des actions de sensibilisation et de diffusion de ces recommandations, notamment dans les régions de Ségou, Sikasso et Mopti, a-t-il déclaré. M. Koné a également souligné le rôle essentiel des médias afin que ces recommandations ne restent pas de simples documents techniques, mais deviennent de véritables outils de plaidoyer auprès des autorités et des populations.
Pour sa part, Emmanuel Camara, représentant la présidente du parlement des enfants, a salué l’initiative de la COMADE et de l’UNICEF. Il a invité l’ensemble des acteurs nationaux à s’impliquer pour assurer la mise en œuvre effective des recommandations, dans l’intérêt supérieur des enfants maliens.
Intervenant au nom de l’UNICEF, Mme Aminata Dicko Sangaré a rappelé que l’Appel à l’action de Bogota, adopté en novembre 2024, s’inscrit dans la continuité des recommandations émises par le Comité des droits de l’enfant. Elle a exhorté les professionnels des médias à jouer pleinement leur rôle de relais d’information afin de favoriser une meilleure compréhension et une application concrète de ces engagements.
Parmi les 134 principales recommandations adressées au Mali figurent notamment : garantir la pleine réalisation des droits de l’enfant conformément à la Convention relative aux droits de l’enfant et à ses protocoles facultatifs ; assurer la participation active des enfants à l’élaboration et à la mise en œuvre des politiques publiques qui les concernent, en lien avec les objectifs de développement durable à l’horizon 2030 ; adopter sans délai le projet de loi sur la protection de l’enfance en veillant à sa conformité avec les normes internationales ; accroître les ressources budgétaires consacrées aux secteurs sociaux, à l’éducation et à la protection de l’enfance, tout en réduisant les disparités ; renforcer les campagnes de sensibilisation sur l’enregistrement des naissances afin de garantir le droit à une identité, à une nationalité ainsi que l’accès à l’éducation et aux services de santé ; réviser le Code des personnes et de la famille pour fixer à 18 ans l’âge minimum légal du mariage, aussi bien pour les filles que pour les garçons ; évaluer la situation des enfants vivant travaillant ou mendiant dans la rue afin de mettre en place des politiques adaptées, élaborées avec la participation des enfants concernés.
À travers cette conférence de presse, les organisateurs ont réaffirmé leur volonté de faire de la protection des droits de l’enfant une priorité nationale et ont appelé les pouvoirs publics, les partenaires techniques, les médias et la société civile à unir leurs efforts pour assurer un meilleur avenir aux enfants du Mali.
Aminata Sanogo
