Le conseil des ministres du mercredi 11juin 2025 a adopté un projet de loi pour « réviser la charte de la transition en accordant au chef de l’Etat, un mandat de 5 ans renouvelable à partir de 2025, à l’instar de ses pairs de la confédération. Après avoir dissout les partis et mouvements politiques sur toute l’étendue du territoire national, en prévoyant de donner cinq (05) ans au Général d’Armée Assimi Goïta pour être en conformité avec ses pairs de l’AES, notre pays est-il encore dans une transition ?
Quand ce projet de loi sera voté par le conseil national de la transition, nous sommes désormais dans un régime d’exception, peu importe le nom qu’on lui donne.
De 2020, avec pour mission de rétablir la sécurité, relancer l’économie, créer la cohésion entre maliens, jusqu’à présent, la transition malienne a connu plusieurs phases. D’abord, la rectification en passant par l’organisation du référendum et le report des élections prévues courant 2024. On se retrouve aujourd’hui dans un mode d’accès au pouvoir qui dépasse les normes de la constitution du 23 juillet 2023. Car, elle définit clairement qu’on ne peut parvenir au pouvoir que par le suffrage universel.
Désaveu des désormais anciens hommes politiques
Pour l’heure, les désormais anciens hommes politiques sont obligés de suivre le cours des évènements, car obligés de se taire, ou du moins de parler sans évoquer la politique au risque de se retrouver derrière les barreaux. Ils n’ont cessé d’exprimer leur stupéfaction depuis la suspension des activités politiques jusqu’à la dissolution des partis et autres mouvements politiques. C’était à la faveur des concertations sur le plan local et national, avec des termes de référence (TDR) bien élaborés. Au terme de ces concertations, les participants ont fait des recommandations comme la dissolution des partis et autres mouvements politiques ainsi que l’octroi au président de la transition d’un délai de cinq (05) ans à l’instar de ses homologues du Burkina Faso et du Niger d’où l’adoption de ce projet de loi.
Ce qui est sûr, c’est que le peuple vise son épanouissement quelque que soient les moyens pour y parvenir. Cependant, notre constitution définit clairement qu’on ne peut parvenir au pouvoir que par le suffrage universel. Or, une frange de maliens pense aujourd’hui que ce sont les hommes politiques qui ont mis le pays dans cette situation chaotique. Pour cette frange, plus besoin d’organiser les élections. Comment va-t-on alors désigner les conseillers communaux pour diriger les communes ? Que fera-t-on pour installer les assemblées régionales ? Comment désignera-t-on les représentants du peuple que sont les députés ?
De la manière dont notre transition évolue, comment le gouvernement compte-t-il organiser les élections même après les cinq (ans) du Général d’Armée Assimi Goïta, sans les partis politiques ? Ou encore va-t-on continuer à ignorer à la constitution ?
Dado Camara
