Du coup d’État de 2020 en passant par le coup de force de 2021, le Mali a d’énormes difficultés pour faire face à la crise sécuritaire couplée à la crise économique et politique. A cela s’ajoutent les décisions sans appel des autorités de la transition qui sont devenues une source de problèmes entre notre pays et ses partenaires traditionnels. Malheureusement, au moment où les maliens lambda criaient au scandale à cause des difficultés tous azimuts, certains individus ne pensant qu’à leurs propres intérêts trouvent des explications à toutes décisions du gouvernement, sans pourtant analyser les conséquences à court, moyen et long terme sur les populations.
Une fois que le vent tourne à leur défaveur, ils changent de discours et de veste. C’est le cas aujourd’hui d’un ancien dignitaire de la transition. Celui-là même avait conçu des concepts de «Fasoden-gnouman» et «fasoden-djougou», c’est-à-dire classer les citoyens selon leurs idées et leurs perceptions. Après sa mise à l’écart des affaires, il n’est pas rare de voir des réflexions venant de lui sur les réseaux, décriant les faits et gestes de la transition alors qu’il a été le principal instigateur de toutes les décisions qui ont contribué à isoler notre pays du reste du monde. On peut même dire sans risque de se tromper que c’est lui qui avait incité les jeunes militaires à prendre des décisions sans appel. Mieux, en tant qu’homme politique, il a montré comment combattre les politiques croyant qu’il allait s’éterniser au pouvoir. Malheureusement, les choses ne se sont pas passées comme il le souhaitait. Et aujourd’hui, il veut nous faire croire autre chose. Et le grand, le premier malien, le patriote rejoint désormais le clan des apatrides, les «fasoden-djougou».
Le discours dépend du côté où on se trouve
Pour rappel, ce même ancien dignitaire, avant d’être aux affaires, avait traité les jeunes militaires de tous les noms d’oiseaux. Il était contre toutes leurs décisions. Arrivé au pouvoir, il les a aidés à mettre tout en place. A l’époque, en tant que responsable, pas le moindre et homme politique, il n’a rien fait pour les empêcher. Au contraire, il a contribué à affaiblir l’ensemble des acteurs (politiques et organisations de la société civile) à travers ses manipulations sur les réseaux sociaux. Maintenant qu’il est d’un autre côté, les discours ont changé sauf que les maliens n’ont pas oublié ce qui s’est passé, qu’il trouve autre chose à faire ou au mieux, prendre sa retraite. D’ailleurs, selon les considérations de notre société, il ne doit même plus se prononcer sur la vie de la Nation.
Dado Camara
