Le crash d’un drone malien, immatriculé TZ-98D, dans la nuit du 31 mars au 1er avril a suscité de nombreux interrogatoires. Selon un communiqué du Gouvernement de la Transition Malienne en date du 1 er avril 2025, quelques heures après l’incident, il a pris connaissance, par voie de presse, d’un communiqué du Ministère de la Défense Algérienne revendiquant la destruction d’un drone qui aurait violé l’espace aérien de l’Algérie sur 02km.
Selon les autorités maliennes, l’épave a été localisée précisément dans une zone dont les coordonnées géographiques sont les suivantes : 19°52’04.738 »N 2°53’38.101 »E à 9.5 km au sud de la frontière Mali-Algérie.
Afin d’approfondir les enquêtes, les autorités maliennes ont demandé aux autorités algériennes de leur fournir des éléments probants étayant la violation de leur espace par un drone de reconnaissance malien. Depuis 72h, aucune suite satisfaisante n’a été réservée à la demande malienne.
Le Gouvernement de la Transition conclut, avec une certitude absolue, que le drone des Forces Armées et de Sécurité maliennes, a été détruit suite à une action hostile préméditée du régime algérien. Selon le même communiqué, le silence coupable du régime algérien accordé à la demande malienne et son refus de coopération confirme la responsabilité de ce régime qui a tiré sur le drone entraînant sa chute verticale. Il précise que les données précises de la trajectoire de l’appareil, enregistrées dans le système, prouvent sans ambiguïté que l’appareil n’a jamais quitté l’espace aérien de la République du Mali. De surcroît, le point de rupture de liaison du drone et le point de localisation de l’épave sont tous situés sur le territoire national malien.
Cet agissement prouve, selon les autorités maliennes, si besoin en était, que le régime algérien parraine le terrorisme international. En effet, la destruction du drone a clairement pour effet, sinon pour mais, d’entraîner la neutralisation de groupes armés ayant revendiqué des actes terroristes.
Le Gouvernement de la Transition, dans cette triste circonstance, tout en rappelant la teneur de son communiqué n°64 du 25 janvier 2024 et celle de l’Allocution du Mali, lors de la 79ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, condamne l’attitude du régime algérien qui, en plus de servir de base arrière aux groupes terroristes, s’engage aujourd’hui dans la lutte armée pour perpétrer des agressions contre un Etat voisin, en vue de protéger ses suppots terroristes.
En réponse à cette énième provocation du régime algérien, le Gouvernement de la Transition a décidé entre autres de : convoquer l’Ambassadeur algérien pour manifester contre l’hostilité du régime algérien ; porter plainte, devant des instances internationales, contre le régime algérien, pour actes d’agression.
Par ailleurs, le collège des chefs d’Etats de l’AES a décidé de rappeler pour consultation les Ambassadeurs des Etats membres accrédités en Algérie. Et cela conformément à l’application de sa décision en date du 22 décembre 2024 de faire de l’espace confédérale un théâtre unique d’opérations militaires. Par conséquent, le collège des chefs d’Etat de l’AES considère la destruction du drone malien comme étant une agression visant tous les Etats membres de la confédération AES.
Cet acte d’Algérie constitue une atteinte grave de notre souveraineté nationale, à la paix sous régionale.
Dado Camara
