« Kasangué » ou linceul, nom communément attribué au dernier vêtement d’un défunt, selon l’islam, est de nos jours emprunté par la population pour désigner un plastique servant à couvrir des motos surtout de marque « Jakarta ». Une situation très banale pour certains, vu que les deux ont la même couleur et une certaine ressemblance. Dans les échanges avec des vendeurs de moto, jeunes fans du style et autres se prononcent.
A l’auto-gare de Sogoniko, Yacouba Sow se frotte les mains avec la vente des plastiques » Kasangué » couvrant les façades des motos » Jakarta ». Car, si autrefois, il s’en débarrassait, il reçoit de plus en plus de demandes actuellement. D’où l’intérêt pour lui de procéder à la vente. Et pourquoi l’appellation » Kasangué » ? D’où tire-t-il son origine, se demande-t-on?
Yacouba explique : « Le plastique en question est plus utilisé sur les sites d’orpaillage. Là-bas, les gens couvrent entièrement ou partiellement leurs engins afin de les protéger des intempéries et les amener en ville dans leur état naturel. Certainement que le nom vient de là-bas. Car, si on demandait son nom, on ne comprenait pas. Mais, maintenant que de plus de gens de la capitale s’y intéressent, on le vend à raison de 1.000 F CFA pour le recouvrement total ». Pourquoi en faire une tendance et quelle valeur ajoute-t-il à la moto ? Explique Barou Samaké. Au volant de son engin dont le devant et la façade des deux côtés sont couverts par le plastique » Kasangué », Barou se dit fan de tout ce qui est à la mode: « Kasangué » apporte un plus à l’engin, non seulement, il l’embellit, mais aussi, il le protège du soleil, de la poussière, il donne l’aspect du neuf et il est moins cher. Ce qui fait que beaucoup de jeunes l’apprécient comme moi », affirme-t-il.
Contrairement à ce dernier, Alou bien qu’il adore le plastique est contre son appellation et l’attitude de certains jeunes qui s’adonnent à l’excès de vitesse au volant de ces engins qui pourraient facilement les mettre dans le vrai « Kasangué » (Linceul). A ce titre, il a appelé à plus de prudence sur la route.
Rappelons que cette tendance ou style de recouvrement d’engins à deux roues semble faire que l’affaire des hommes, car rares sont des filles interrogées qui se disent vouloir couvrir leurs engins avec le plastique en question pour la simple raison qu’elles risquent de se faire agresser, entre autres.
Alimatou Djénépo
