Au Mali, les autorités sanitaires, à travers l’office national de la santé de la reproduction (ONASR), ont procédé au lancement officiel de la 21ème édition de la campagne nationale en faveur de la promotion de la planification familiale, couplé au dépistage du cancer du col de l’utérus et du sein. C’était le jeudi 26 juin, sur le terrain du Cscom de Bacodjicoroni.
Pour une période d’un mois, les aires de santé du territoire malien offriront des soins complets en planning familial tout en se conformant à l’intégration des services de la planification familiale du post partum, de la santé maternelle, néonatale et infantile, de la nutrition et de la violence basée sur le genre. Ce nouveau concept qui traduit la volonté des autorités sanitaires pour booster la prévalence contraceptive à 150%, afin d’atteindre les ODD, en témoigne le thème de l’édition en cours : « L’intégration de services de planification familiale du post partum, de la santé maternelle, néonatale et infantile, de la nutrition et de la violence basée sur le genre, une opportunité pour réduire la mortalité maternelle, néonatale et infantile ».
A l’ouverture de cette cérémonie de lancement ayant regroupé plusieurs départements sanitaires du pays, on retient aisément l’objectif visé à travers différentes interventions dont celle de la mairie de la commune V, Amadou Ouattara qui soulignera : « La planification familiale est reconnue depuis longtemps en Afrique subsaharienne comme un moyen essentiel pour maintenir le bien-être de la famille. Elle est au cœur des enjeux politiques, économiques et sociaux qui ont animé le Mali pour son développement durable. L’accès pour tous aux méthodes modernes de contraception garanties par la loi N° 02- 044 du 24 juin 2022, témoigne de la volonté de l’État à répondre aux besoins des couples et des individus », a t-il laissé entendre. Et d’étaler les risques qui peuvent découler du faible taux de prévalence contraceptive à savoir, entre autres, les avortements clandestins, les grosses précoces.
A sa suite, le représentant des partenaires techniques et financiers du ministère de la santé, Mohamed Lamine a apprécié la présence des autorités et des partenaires. Il dira que le Mali fait face à une dynamique démographique qui présente à la fois, des défis et opportunités en ce sens que 47% de la population ont moins de 15 ans. Une réalité qui impose de considérables besoins en investissements pour garantir un avenir en bonne santé et un développement durable. Pour lui, cette campagne est d’une importance capitale pour renforcer les capacités de choix des femmes et améliorer leur accès à la santé. Cependant, bien qu’ayant rencontré des défis financiers cette année, en raison du départ de certains partenaires comme USAID, il a souligné le maintien du soutien financier de l’UNFPA qui a investi un montant total de 300 000 000 USD (environ 1 800 000 000 FCFA) pour l’acquisition de produits contraceptifs et de matériels de santé maternelle. Et au titre de la campagne en cours, notre interlocuteur estime à environ 1 milliard 30 millions de francs CFA, la distribution des produits contraceptifs sur tout le territoire malien, y compris les régions les plus reculées et les zones à forte vulnérabilité. Mieux, afin d’assurer la disponibilité des produits en santé reproductive (SR), Mohamed Lamine a dévoilé la signature du COMPACT, un accord stratégique entre le gouvernement et l’UNFPA qui marque un engagement à renforcer l’autonomie financière du pays dans le financement de la PF et la santé de la reproduction. Il a terminé par apprécier l’augmentation significative de la prévalence contraceptive qui passe de 16 à 21 %, selon EDS VII et l’intégration des services PFPP/ SMNI/Nutrition.
Quant au représentant du ministère de la santé, Bouyagui Traoré, il s’est réjoui des efforts engendrés en faveur de la promotion de la planification familiale. Il voit en cette campagne, la possibilité d’informer et de sensibiliser un grand nombre de personnes sur les avantages de l’utilisation des moyens modernes de PF et du dépistage du cancer du sein et du col de l’utérus à travers tous canaux confondus. Toute chose qui, selon lui, pourra donner davantage d’autonomie aux femmes et aux jeunes filles. Avant d’évoquer les bienfaits de l’intégration des services.
Rappelons qu’en prélude à la cérémonie de lancement de la campagne PF, les hommes de médias ont été mis à profit par l’office national de la santé de la reproduction. C’était au cours d’un atelier de renforcement de capacités couplé à une conférence de presse. La séance a donné lieu à la présentation des concepts sur la planification familiale et l’intégration des services PFPP/SMNI/Nut et VBG. Quant à la conférence de presse, elle était animée par le directeur général de ladite structure, Dr Ben Moulaye Haïdara. De l’essentiel, on retient le recrutement d’au moins 115 498 utilisatrices des méthodes modernes de longue durée d’action, le recrutement d’au moins 20% (76 998) des utilisatrices des méthodes modernes de PF dans le post-partum et le dépistage de 60 000 femmes pour le cancer du col de l’utérus et du sein.
Alimatou Djénépo
