Le Mali a pris part à la célébration de la journée mondiale de la radio, organisée le 13 février, à la Maison de la presse. Cette 15ème édition, placée au niveau international sous le thème : « Radio et intelligence artificielle », a été adaptée au contexte national autour du sujet : « La radio malienne à l’ère de l’intelligence artificielle : innovation, éthique et souveraineté ». L’événement, initié par Studio Tamani en collaboration avec l’Union des radios et télévisions libres du Mali (URTEL) et la Maison de la presse, était présidé par le secrétaire général du ministère de la communication et de l’économie numérique, Alkaïdi Hamar Touré. À ses côtés figuraient notamment Daouda Konaté 1er vice-président de la Maison de la presse, Mariam Sawadogo, directrice du Studio Tamani ainsi que Mamoutou Bocoum, président de l’URTEL.
Dans ses mots de bienvenue, M. Daouda Konaté a rappelé que la radio ne se limite pas à la diffusion d’informations. Elle demeure un espace de dialogue, un outil d’éducation, un vecteur culturel et un pilier de la souveraineté nationale, a-t-il ajouté. D’où la pertinence du thème choisi au niveau national, a-t-il affirmé.
Selon le président de l’URTEL, M. Mamoutou Bocoum, le 13 février constitue un moment privilégié de réflexion pour les professionnels des médias radiophoniques. Il s’agit d’évaluer les défis actuels, sécuritaires, énergétiques, économiques et professionnels, tout en intégrant les enjeux liés à l’usage de l’intelligence artificielle, a-t-il indiqué.
L’IA : opportunité et responsabilité
Il a aussi souligné que le thème retenu correspond pleinement aux mutations technologiques que connaît le monde, marquées par l’essor des plateformes numériques et l’apparition d’outils innovants comme l’intelligence artificielle. Pour lui, les radios maliennes doivent s’adapter à ces évolutions afin de rester compétitives et en phase avec leur époque. Il a reconnu que l’IA offre des avantages considérables, notamment en matière de gain de temps et d’amélioration de la qualité des contenus. Toutefois, son utilisation doit être encadrée par des principes éthiques stricts, a-t-il dit. L’intelligence artificielle, a-t-il insisté, ne saurait remplacer l’homme ou la femme de radio, dont le discernement et la responsabilité demeurent essentiels.
Solidarité envers les journalistes disparus
En conclusion, Mamoutou Boccoum a eu une pensée pour les journalistes enlevés ou portés disparus, notamment Hammadoun Nialibouly de la radio Dande à Douentza, Moussa Bana Dicko de la radio Hairé à Boni ainsi que Saleck Ag Zidou dit Zeidane et Moustapha Koné de la radio Coton à Ansongo. Il a appelé les autorités de la Transition à redoubler d’efforts pour leur recherche.
Dans le même esprit, Mariam Sawadogo a rappelé que cette journée vise non seulement à célébrer la radio, mais aussi, à mettre en lumière son rôle fondamental dans la construction d’une société juste, équitable, démocratique et participative.
Un engagement en faveur du journalisme responsable
Consciente de l’importance de la radio dans le développement communautaire, la cohésion sociale et la réconciliation, la Fondation Hirondelle, en partenariat avec l’URTEL, a lancé Studio Tamani en août 2013 au Mali. Ce projet ambitionne de promouvoir un journalisme professionnel et responsable, de favoriser le dialogue et contribuer à la paix.
Le représentant du ministère, pour sa part, a mis en avant les perspectives qu’offre l’intelligence artificielle, notamment la possibilité de traduire et diffuser instantanément des contenus dans les langues nationales grâce aux technologies de synthèse vocale. Cependant, il a mis en garde contre les dérives potentielles. À ses dires, l’heure où l’IA peut reproduire des voix ou générer de faux contenus, la vigilance des journalistes doit être accrue. Selon lui, l’éthique doit rester la boussole de la profession. Si la machine peut produire des textes, elle ne remplace ni l’analyse humaine, ni l’empathie, ni la compréhension des réalités sociales, a-t-il ajouté. Et d’ajouter que l’IA doit ainsi servir à vérifier et enrichir l’information, non à diffuser de fausses nouvelles.
La commémoration a été marquée par la projection d’un documentaire, une conférence-débat animée par le coordinateur de la plateforme Benbere autour du thème national ainsi qu’une prestation musicale.
Adja
