La 26ème édition de la journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines (MGF/Excision) s’est tenue, le vendredi 06 février 2026, au centre international de conférences de Bamako (CICB).
La cérémonie était présidée par le secrétaire général du ministère de tutelle, en présence de plusieurs partenaires techniques et financiers, dont l’organisation mondiale de la santé (OMS) et le fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA). Le thème national 2026 porte sur :« Rôles et responsabilités des autorités et légitimités traditionnelles du Mali face aux enjeux de l’abandon des MGF/Excision ». Ce thème met en lumière le rôle central des autorités coutumières et religieuses dans l’abandon durable de cette pratique néfaste.

Des données encore préoccupantes malgré des efforts
Selon les données de l’enquête démographique et de santé du Mali (EDSM-VI) : 89 % des femmes âgées de 15 à 49 ans ont subi une forme de mutilation génitale féminine, chez les filles de 0 à 14 ans, la prévalence est de 73 %, soit une légère baisse par rapport aux générations précédentes, une tendance positive saluée par le directeur du programme national de lutte contre les violences basées sur le genre (PNVBG).
Une journée internationale instaurée par l’ONU
Le 06 février a été décrété journée internationale de la tolérance zéro à l’égard des mutilations génitales féminines par l’Assemblée générale des Nations Unies en 2003, afin d’intensifier la mobilisation mondiale contre cette pratique qui touche des millions de femmes et de filles. À l’échelle mondiale, des millions de femmes et de jeunes filles vivent avec les conséquences des MGF.
L’appel fort de l’UNFPA
Prenant la parole, Monsieur Mohamed Lémine Ould Beiba, représentant résident de l’UNFPA, a rappelé que l’édition 2026 est placée, au niveau mondial, sous le thème : « Vers 2030 : pas d’élimination des MGF sans un engagement et un investissement continus ». Selon lui, ce thème souligne l’urgence d’accroître les investissements flexibles et durables afin de protéger les nombreuses femmes et filles encore menacées, à l’approche de l’échéance des objectifs de développement durable. Il a salué l’adaptation du thème au contexte malien, estimant que les autorités et légitimités traditionnelles sont des acteurs clés du changement social. « Les autorités coutumières et religieuses occupent une place prépondérante dans la vie sociale malienne. À la fois gardiennes des traditions et moteurs du changement, leur implication dans l’abandon des MGF est non seulement souhaitable, mais, indispensable », a-t-il affirmé.
Une violation grave des droits humains
Monsieur Ould Beiba a également insisté sur le fait que les MGF constituent une violation grave des droits humains, avec des conséquences physiques et psychologiques dramatiques pour des millions de femmes et de filles à travers le monde. « Cette pratique compromet la santé, l’intégrité physique et l’épanouissement des filles et des femmes. Elle constitue un obstacle majeur à l’égalité des genres, limite l’accès des filles à l’éducation et restreint la participation des femmes à la vie publique », a-t-il souligné. Malgré l’engagement mondial à éliminer les MGF d’ici 2030, le rythme des progrès demeure insuffisant. Environ 4,4 millions de filles risquent encore de subir cette pratique chaque année. Au Mali, bien que des avancées notables aient été enregistrées, la pratique reste répandue dans plusieurs régions. Les résultats de l’EDS 2023–2024 indiquent toutefois une baisse du taux de MGF chez les filles de 0 à 14 ans, passé de 74 % en 2018 à 70 % en 2023, signe d’une dynamique encourageante. Cependant, les chiffres restent alarmants : 48 % de femmes et d’hommes estiment encore que la pratique doit être maintenue.
Poursuivre et renforcer la mobilisation
Face à l’ampleur et aux conséquences néfastes des MGF/Excision, les intervenants ont souligné la nécessité de poursuivre les efforts, notamment au niveau communautaire, avec l’implication renforcée des autorités traditionnelles et religieuses, des décideurs nationaux et locaux, des organisations de défense des droits des femmes, des associations et ONG, des enseignants, des jeunes, des hommes et des leaders communautaires. L’objectif reste clair : éradiquer définitivement les mutilations génitales féminines au Mali et garantir aux filles et aux femmes, une vie digne, saine et respectueuse de leurs droits fondamentaux.
Adja
