Après quatre jours d’échanges intenses, de réflexions stratégiques et de plaidoyers en faveur de la souveraineté informationnelle africaine, la première édition du Forum Panafricain des Médias (FOPAME) s’est achevée ce samedi au centre international de conférences de Bamako (CICB) sur une note d’espoir, d’engagement et d’unité.
La cérémonie de clôture, organisée dans la salle des banquets du CICB, a réuni les délégations venues de plusieurs pays africains ainsi que de nombreux professionnels des médias. Dans une ambiance à la fois solennelle et festive, les organisateurs ont rendu hommage aux partenaires, aux participants et aux personnalités qui ont contribué au succès de cette première édition.
Le président de la Maison de la Presse du Mali et initiateur du forum, Bandiougou Danté a salué une mobilisation historique qui témoigne de la volonté des médias africains de construire un avenir commun. Il ajoutera : « Les différents panels et tables rondes ont été des cadres qui ont permis de mettre en lumière des réalités que nous connaissions, mais que nous n’avions peut-être jamais osé nommer avec autant d’audace et de sincérité. Sincérité parce que jusque-là, certains avaient des réserves quant à ces réalités. Ces journées nous ont permis également de parler de l’invasion des plateformes numériques étrangères qui dictent les algorithmes de nos informations favorisant la désinformation, mettant en branle nos propres normes journalistiques contre nos propres sociétés par des clichés stéréotypés. Nous avons surtout forgé des solutions par des recommandations concrètes. Des solutions africaines à des défis africains. Des solutions nées de notre intelligence collective, de notre solidarité, de notre créativité, de notre volonté de reprendre la main sur nos récits. »
Plusieurs attestations de reconnaissance ont été remises à des acteurs majeurs du secteur médiatique. Une motion spéciale de remerciement a été adressée au Président de la Transition, le Général d’Armée Assimi Goïta, parrain du forum, pour son engagement en faveur de la liberté au renforcement de la coopération panafricaine. Une autre motion a salué l’appui logistique, institutionnel et financier du gouvernement du Mali à l’organisation de cette première édition. L’un des moments les plus émouvants de la cérémonie a été l’hommage rendu à Mahamane Hamèye Cissé, figure emblématique du journalisme malien et président du comité scientifique du forum, décédé en avril dernier. Devant l’assistance, Bandiougou Danté a plaidé pour que la Maison de la Presse porte désormais le nom de ce grand serviteur de l’information. Les anciens journalistes maliens ont également été honorés pour avoir contribuer à bâtir la mémoire médiatique nationale.
Dans son discours de clôture, le ministre de la communication a assuré que les recommandations issues des travaux, notamment celles relatives à l’adaptation des cadres réglementaires face aux défis de l’intelligence artificielle, seront examinées avec la plus grande attention par les autorités compétentes. Avant de déclarer officiellement clos les travaux, il a rappelé que l’avenir du paysage médiatique africain dépendra de la capacité des professionnels à renforcer leur coopération et à défendre une vision commune de l’information. Il a également salué le courage des journalistes qui, parfois au péril de leur vie, continuent de garantir aux populations leur droit fondamental à une information fiable.
Sur des notes musicales célébrant la richesse et l’unité culturelle africaine, la première édition du forum panafricain des médias a officiellement pris fin. Mais au-delà de la cérémonie, les participants repartent avec une certitude : l’Afrique dispose désormais des outils, de l’expertise et de la volonté nécessaires pour construire un espace informationnel autonome et influent.
La clôture du FOPAME 2026 consacre ainsi la naissance d’une conscience médiatique panafricaine unie, libre et résolument tournée vers l’avenir. Bamako vient d’ouvrir une nouvelle page de l’histoire des médias africains, avec la promesse d’une deuxième édition encore plus ambitieuse.
Aminata Sanogo
