Nous sommes au mois de Ramadan pour les musulmans et les chrétiens observent également la période de carême. Ce temps de jeûne et de prière est aussi marqué par une intensification des activités domestiques, notamment autour des préparations culinaires destinées à la rupture du jeûne. À Bamako, cette période représente un véritable défi pour de nombreuses aides ménagères. Si les familles redoublent d’efforts pour multiplier les mets et diversifier les menus, la charge repose en grande partie sur ces employées de maison, souvent jeunes et parfois venues des zones rurales.
Des journées rallongées et épuisantes
« Je commence à 6 heures du matin et je ne termine parfois qu’après 22 heures », confie Aïssata, aide-ménagère dans une famille du quartier de Niamakoro. Pendant la journée, elle enchaîne la vaisselle, le nettoyage, la préparation des ingrédients et la cuisson. À l’approche de la rupture, la cadence s’accélère : jus, beignets, bouillies, plats traditionnels… tout doit être prêt à temps. Après la rupture, le travail ne s’arrête pas. « Il faut encore laver toutes les assiettes et les marmites. Parfois, je suis tellement fatiguée que je n’ai même plus la force de manger correctement », poursuit-elle.
Peu de repos, peu de reconnaissance
Pour certaines aide-ménagères, le mois de Ramadan rime avec la surcharge de travail sans compensation supplémentaire. Les horaires s’allongent, mais les salaires restent souvent inchangés.
« On nous demande de faire plus d’efforts parce que c’est le mois béni, mais nous aussi, nous jeûnons », explique Mariam, 25 ans, employée dans une famille nombreuse. Entre la chaleur, le jeûne et les longues heures debout, la fatigue s’accumule rapidement.
Une situation qui interroge
Cette réalité soulève la question des conditions de travail des aide- ménagères à Bamako. Si le Ramadan est un moment de solidarité et de partage, certaines voix estiment qu’il devrait aussi être l’occasion de promouvoir plus d’équité et de considération envers celles qui contribuent, souvent dans l’ombre, au confort des ménages. En attendant, pour de nombreuses aide-ménagères, le mois de Ramadan demeure une période éprouvante, où la dimension spirituelle s’accompagne d’un effort physique intense.
Aminata Sanogo
