Le 16 septembre, les réseaux sociaux, notamment des comptes Facebook et X (ex twitter), ont été envahis par une prétendue déclaration conjointe, identifiable sous forme de copie scannée, signée à la date du 15 septembre mais sans aucun cachet et attribuée à la fois au Conseil Malien des Transporteurs Routiers (CMTR), au Syndicat National des Transporteurs (SNT) et au Syndicat National des Chauffeurs et Conducteurs Routiers (SYNACOR). Notre rédaction a enquêté et vérifié, ce document et son contenu sont complètement faux. Ils visent à désinformer et manipuler les opinions.
Que disait ce document ?
La fausse déclaration conjointe raconte que : « le Conseil Malien des Transporteurs Routiers (CMTR), le Syndicat National des Transports (SNT) et le Syndicat National des Chauffeurs et Conducteurs Routiers (SYNACOR) tiennent à alerter l’opinion nationale et internationale sur la situation dramatique que vivent actuellement les transporteurs routiers au Mali. Nos membres, chauffeurs et transporteurs, affrontent quotidiennement des menaces mortelles sur l’axe Kayes Bamako. A ce jour, circuler sur ce tronçon revient à exposer sa vie et ses biens à un véritable suicide. Tirs à balles réelles, incendie de camions et attaques ciblées sont devenus monnaie courante. Nous annonçons avec gravité les discours officiels laissant croire qu’aucun blocus n’existe. La réalité est toute autre : nos routes sont impraticables et meurtrières, plus inquiétante encore lors du dernier convoi militaire censé sécuriser et ouvrir la voie, à notre grande stupeur, les forces ont broussé chemin, abandonnant ainsi nos chauffeurs et leurs cargaisons en première ligne. Nous affirmons que la lutte contre le terrorisme ne saurait se faire dans le mensonge et la dissimulation. Les transporteurs sont au cœur de la vie économique et sociale du pays, mais nous ne pouvons pas continuer à risquer nos vies dans le silence et l’indifférence. Face à l’incapacité manifeste des autorités de la transition à garantir la sécurité minimale de nos activités, le CMTR et le SYNACOR annoncent qu’ils se réservent le droit de prendre, dans les jours à venir, toutes les mesures nécessaires dans l’intérêt des populations et des routiers. Nous en appelons à la responsabilité des autorités maliens que protéger les transporteurs routiers, c’est protéger l’économie nationale, c’est protéger les citoyens ».
Démenti formel du Conseil Malien des Transporteurs Routiers

Monsieur Yaya Koïta, Premier vice-président du Conseil Malien des Transporteurs Routiers du Mali (CMTR) fourni un démenti formel et précise ainsi : « le CMTR est une structure qui a été mise en place par l’Etat à travers une loi et un décret présidentiel. Il est composé de plusieurs syndicats dont les trois cités dans la fausse déclaration conjointe ».
Selon Monsieur Koïta, la déclaration conjointe est une fausse information. Il continue, « la maison mère des transporteurs et chauffeurs ont fait un communiqué de démenti qui a été diffusé sur toute les chaines et la page en ligne de l’ORTM, dans beaucoup de journaux qui présente que « Le Président du Conseil Malien des Transporteurs Routiers (CMTR) a découvert avec stupeur sur les réseaux sociaux, une déclaration dans laquelle figurent entre autres son nom et une fausse signature qui lui est frauduleusement attribuée. Ladite déclaration dont le contenu est contraire à la réalité, n’exprime aucunement l’opinion ni du CMTR ni d’aucun transporteur routier du Mali. Bien au contraire, le Président du CMTR et les transporteurs, déterminés à assurer leur mission de désenclavement de notre pays, sont témoins des efforts immenses que les autorités de la Transition déploient pour juguler les difficultés que rencontrent les transporteurs routiers aussi bien au plan national qu’à l’extérieur. Le Président du CMTR tient à réaffirmer que les transporteurs routiers du Mali, tous segments confondus, conscients de leurs missions hautement patriotiques, soutiennent indéfectiblement nos Autorités dans la recherche des solutions les plus idoines aux difficultés qu’ils rencontrent actuellement dans l’exercice de leur profession. Enfin le Président du CMTR se réserve le droit de faire rechercher et les assigner devant les autorités judiciaires compétentes, les individus mal intentionnés auteurs de ce grossier et ridicule montage dont le but est de nuire à la réputation et à l’image du CMTR et desservir au-delà, les intérêts des transporteurs routiers dont le patriotisme et la loyauté à l’égard de notre Etat n’ont jamais été démentis ».
Que dit la loi contre les fausses informations au Mali ?
La Loi n°2024-027 du 13 Décembre 2024 portant Code Pénal en République du Mali, punit les fausses nouvelles et la désinformation. L’Article 242-6 mentionne, « Toute personne qui publie ou diffuse sciemment des données ou informations fausses, trompeuses ou fictives ou qui désinforme dans la presse écrite, la radiodiffusion ou sur un système informatique, dans l’intention que les données ou informations seront considérées ou traitées comme authentiques, avec ou sans gain financier, commet une infraction, punie d’un emprisonnement de cinq ans ou d’une amende de 5 000 000 de francs ».
Selon le nouveau Code pénal en vigueur, « on entend par fausses informations ou fake news, des nouvelles, allégations ou imputations mensongères, inexactes ou trompeuses dans le but de manipuler ou de tromper le public ou de nature à affaiblir l’Etat et les institutions, à propager le trouble, la guerre ou à inciter les personnes à la violence, à prôner la haine, la discrimination ethnique, séparatiste ou régionaliste, à affecter la réputation d’autrui ou à altérer la sincérité du scrutin, diffusées de manière délibérée, artificielle ou automatisée et massive dans les médias, sur internet et les réseaux sociaux ».
Aminata Sanogo
Cet article est publié avec le soutien de Journalistes pour les Droits Humains (JDH) au Mali et NED.
