À l’approche des fêtes de fin d’année 2025, le Mali fait de nouveau face à une pénurie d’essence qui perturbe le quotidien des populations. Après plusieurs semaines de ralentissement des activités économiques et sociales, un léger répit a été observé récemment. Toutefois, ce lundi 15 décembre, de longues files de véhicules ont refait leur apparition devant plusieurs stations-service de la capitale et de l’intérieur du pays, ravivant les inquiétudes.
Depuis les premières heures de la matinée, automobilistes, conducteurs de motos et transporteurs se sont massivement regroupés devant les stations, parfois sans garantie d’être servis. Une situation qui suscite frustration et incompréhension chez de nombreux citoyens.
« Cela fait plus de deux heures que j’attends. Nous pensions que la situation s’était stabilisée, mais voilà que tout recommence », témoigne Moussa Traoré, chauffeur de taxi à Bamako. « En cette période de fin d’année, c’est très compliqué pour nous, car notre travail dépend entièrement du carburant », a-t-il ajouté. Même constat chez les commerçants, dont les activités sont directement affectées par la rareté du carburant.
« Le transport des marchandises devient de plus en plus cher. Quand il n’y a pas d’essence, les fournisseurs augmentent les prix et ce sont les clients qui en souffrent », explique Aïssata Diallo, commerçante au grand marché.
Du côté des usagers des deux-roues, la situation est tout aussi préoccupante. Beaucoup redoutent une nouvelle flambée des prix sur le marché informel.
« Dès qu’il y a pénurie, le prix du litre peut doubler chez les revendeurs clandestins », déplore Mamadou Koné, étudiant. « Pour nous qui dépendons des motos pour aller à l’école ou au travail, c’est un vrai casse-tête. »
Interrogé sur cette situation, un responsable d’une station-service, ayant requis l’anonymat, évoque des difficultés d’approvisionnement. « Les livraisons ne sont pas régulières. Nous recevons des quantités limitées, ce qui ne suffit pas à couvrir la demande actuelle », confie-t-il.
Alors que les autorités n’ont pas encore communiqué officiellement sur cette nouvelle tension, les populations espèrent des mesures rapides et durables afin d’éviter une paralysie totale des activités, surtout en cette période stratégique de fin d’année marquée par les déplacements, les fêtes et une forte demande en carburant.
En attendant, l’incertitude demeure et les Maliens restent suspendus à une amélioration effective de l’approvisionnement en carburant.
Aminata Sanogo
