Dans un esprit d’équilibre et de dialogue, le syndicat a fait part de ses vives préoccupations face à l’arrêt prolongé des activités de la société Barrick au Mali, dans le cadre du litige en cours avec l’Etat. Cela, à travers une lettre de proposition syndicale pour un accord partiel provisoire adressée au président de la transition, à certains membres du gouvernement, aux présidents du conseil national du patronat, du conseil exécutif de Barrick, de la commission de négociation de Gold corporation Etat du Mali et au secrétaire général du bureau exécutif de l’UNTM.
Conscient de la complexité du contentieux en instance et sans en aborder le fond, le syndicat propose une reprise provisoire des opérations de Barrick sous l’empire du cadre légal antérieur au litige, sans préjudice des droits et intérêts de l’Etat du Mali. Pour ce faire, le syndicat invite respectueusement l’Etat à envisager dans le cadre de cette reprise provisoire, de donner instruction à ses services compétents de reprendre leur participation aux opérations d’exportation de l’or. Aussi, dans un esprit de conciliation et de respect des garanties procédurales, le syndicat sollicite les manœuvres et l’assistance de l’Etat pour la libération provisoire des directeurs maliens actuellement en détention préventive depuis six (6) mois, ou à défaut, la requalification de cette détention en contrôle judiciaire afin de contribuer à un climat plus serein et propice à la reprise des activités.
Cette solution transitoire vise à préserver les emplois et le tissu social, à maintenir les recettes fiscales et douanières indispensables à l’Etat et favoriser un climat apaisé dans l’attente du règlement juridique définitif. Aussi, il faut souligner que la prolongation de cette situation entraîne déjà des conséquences économiques significatives pour toutes les parties concernées. A titre d’exemple, plus de 30 000 emplois directs et indirects sont durablement menacés par un risque imminent de mise en chômage technique qui, au bout de trois (3) mois, subiront le licenciement pour motifs économiques. Ainsi, plus de 900 000 bénéficiaires seront dans une profonde détresse. Sans compter ce que l’Etat malien gagne par mois en recettes fiscales et droits d’exportation.
Par ailleurs, le syndicat reste convaincu que cette solution peut constituer une base pour préserver à la fois, la souveraineté de l’Etat, les intérêts économiques du pays et la stabilité sociale.
Dado Camara
