Samedi 10 mai, la salle de conférence du Centre Foi et Rencontre de Hamdallaye de Bamako a abrité une conférence débat sur le thème : « Le rôle des femmes dans la gestion des conflits ». Elle a été animée par deux femmes expertes, Mme Awa Maïga médiatrice au Ministère de la Réconciliation/ERAR de Mopti et Mme Sidibé Lucienne Keïta, Présidente nationale de l’Association des Femmes Catholiques du Mali (AFCM).
Selon M. Lambi E Lokolwa, Directeur Général Administratif du Centre de Foi et Rencontre et Professeur à l’Institut Islamo-Chrétienne, ils ont choisi ce thème pour édifier les participants sur l’importance de l’implication des femmes de foi dans la prévention et la résolution durable des conflits.
Femmes de foi, femmes médiatrices de la paix
Aux dires de Mme Sidibé Lucienne Keïta présidente nationale de l’Association des Femmes Catholiques du Mali (AFCM), les femmes sont victimes des conflits et actrices de la résilience et de la paix. Etant croyantes, elles représentent beaucoup d’atouts pour jouer le rôle de médiatrice. Elles sont les premières à connaitre ce qui se passe dans l’environnement social. Donc, en termes d’alerte précoce, la femme sait voir les premiers signes d’un conflit. Par rapport à l’engagement soutenu par la foi, les femmes enseignent l’amour du prochain.
Quant à la 2ème conférencière Mme Maïga Awa médiatrice, Ministère de la réconciliation/ERAR Mopti, elle confirmera que la majorité silencieuse et vulnérable à savoir les femmes, les enfants et les jeunes payent toujours le prix fort quand il y a un conflit. Elle ajoutera que pour arriver à mettre fin à une crise armée, il faut un dialogue citoyen inclusif, la stabilisation, la paix et le développement en instituant une stratégie nouvelle de journalisme interne dont les animateurs seront les segments de la société et très singulièrement les femmes et les jeunes jusqu’ici dans la plupart des cas marginalisés dans le processus de recherche de paix durable et de construction de fonctionnement social stable. Pour finir, M. Maïga dira que la couche vulnérable qui est la femme a toujours joué un rôle crucial dans la gestion des conflits.
Comment les femmes peuvent-elles gérer les conflits au Mali ?
Mme Maïga Awa, médiatrice de paix à l’ERAR de Mopti, a partagé ses expériences personnelles dans la gestion et résolution des conflits et tensions communautaires au nord et centre du Mali. Aux côtés des hommes, elle-même a pris part à des négociations avec des groupes armés et parlé entre des communautés qui ne s’entendaient plus. Elle a vu des femmes leaders de certaines localités participer à des négociations avec certains groupes armés. Elle a vu des femmes organiser des prières collectives et y ont participé. Des femmes ont réalisé des dialogues avec d’autres femmes, jeunes et hommes pour prévenir la violence et la haine. Des femmes ont aussi participé à des activités de formation pour comprendre les mécanismes de gestion et les instruments juridiques relatives à la résolution des conflits.
Malgré que les efforts des femmes ne soient connus par le grand public pour leur implication et participation dans les mécanismes de gestion des conflits, leur travail apporte réellement des solutions notamment au centre du pays avec la levée des blocus dans certaines localités, la sensibilisation publique contre les discriminations, la promotion des droits des femmes et leur protection contre l’insécurité et les violences sexistes. Les deux conférencières ont souligné que les femmes peuvent participer à l’accompagnement des victimes, à l’éducation à la paix dans les familles, au plaidoyer et pour la justice sociale.
Cette conférence débat a terminé avec l’appel à l’action de M. Lambi E Lokolwa, Directeur Général Administratif du Centre de Foi et Rencontre et Professeur à l’Institut Islamo-Chrétienne. Il a invité chaque participante et participant de s’engager positivement dans des actions individuelles et collectives pour apaiser les tensions et inciter à la tolérance et à la réconciliation surtout en ce contexte d’affirmation politique et de risques sécuritaires. Il a aussi interpellé chacun à prendre conscience des rôles déterminants et important des femmes dans l’efficacité des mécanismes de prévention et de résolution durable des conflits.
Aminata Sanogo
Ce reportage est publié avec le soutien de Journalistes pour les Droits Humains (JDH) au Mali.
