Lors des Journées du secteur privé de la santé, le Dr Lanséni Konaté, ancien inspecteur de la santé à la retraite, a livré une communication remarquée sur le thème : « L’exercice privé des professions sanitaires : opportunités, défis et perspectives ». Un sujet qu’il a reformulé avec soin pour mieux traduire les réalités du terrain et les enjeux actuels du système sanitaire malien.
Dans une présentation didactique, le Dr Konaté a tenu à définir les notions essentielles : la santé privée, a-t-il rappelé, est un système de soins assuré par des établissements autres que gouvernementaux, où les praticiens ne perçoivent aucune rémunération de l’État.
Toutefois, a-t-il mis en garde, « la médecine ne doit pas être pratiquée comme un commerce », soulignant que la publicité commerciale reste interdite dans l’exercice des professions de santé, qu’elles relèvent du public ou du privé.
Revenant sur l’évolution du secteur, l’ancien inspecteur a cité un moment clé, le 2ème séminaire national de la santé et des affaires sociales, tenu du 13 au 15 novembre 1978. Ce rendez-vous historique avait recommandé, à travers sa résolution n°40, d’offrir aux agents socio-sanitaires la possibilité de « se libérer de la Fonction publique pour exercer en privé », une décision qui devait compléter utilement la couverture sanitaire du pays.
Pour Dr Konaté, cette orientation a marqué le point de départ de la libéralisation du secteur de la santé au Mali.
Le conférencier a également mis en exergue le rôle des différentes structures de régulation et de contrôle. Il s’agit pour lui, l’Ordre professionnel sanitaire, garant du respect de la déontologie et de l’éthique médicale ;
Au terme de sa communication, le Dr Konaté a insisté sur la nécessité d’un cadre réglementaire solide et équitable, qui encourage l’investissement tout en garantissant la qualité des soins.
Selon lui, les défis du secteur privé sont réels, mais les opportunités demeurent nombreuses pour peu que les acteurs conjuguent leurs efforts en synergie avec le public.
« L’avenir du système de santé malien repose sur une complémentarité intelligente entre le public et le privé », a-t-il conclu, appelant à un partenariat fondé sur la confiance, la compétence et l’éthique.
Adja
