Actuellement à Bamako, on rencontre de plus en plus d’enfants atteints du virus de l’oreillon appelé en bamanakan « Kéképogoyo ». Que ce soit dans des familles ou à l’école, ils développent cette infection virale très contagieuse. Afin d’y voir clair, dans un entretien, ORL et chirurgien Cou et Face, chargé de recherche, en service au CHU Gabriel Touré, Dr Kalifa Coulibaly livre d’amples informations sur la maladie à travers ses symptômes, son traitement et les moyens de prévention.
Dans une école de la place, certains élèves de la 1ère et de la 2ème année fondamentale sont absents. Et pour cause, un des enfants de la 1ère année a attrapé le virus de l’oreillon « Kéképogoyo ». Du coup, certains de leurs camarades de même classe et de la classe suivante située en face l’ont également chopé. Comme précaution, des parents ont préféré garder leurs enfants à la maison. En dehors de cette sphère, dans une famille, des enfants font le tour de la maladie sans que des parents comprennent comment s’en sortir. Nous avons plutôt posé cette question à Dr Kalifa Coulibaly. C’est ainsi qu’il dira : « Le virus de l’oreillon « Kéképogoyo » est considéré comme une infection virale très contagieuse des glandes parotidites ». Et de poursuivre : « Ces glandes parotidites font partie d’un ensemble de systèmes dédiés à la production de la salive. Il s’agit des glandes salivaires. Le virus responsable de cette infection s’appelle le virus de l’oreillon qui fait partie de la famille des paramuvorus>>.
Alors, qu’en est-il de la tranche d’âge susceptible d’attraper la maladie ?
Dr Coulibaly estime : « La tranche d’âge des enfants susceptibles d’attraper la maladie est de 5 à 9 ans approximativement. En dehors de cette tranche d’âge, il y a des adolescents de 10 à 19 ans qui peuvent également la développer. Aussi, deux catégories d’adultes peuvent être des sujets à l’infection du virus. La 1ère, est composée de ceux qui n’ont pas été vaccinés contre la maladie dans l’enfance et qui n’ont pas été en contact avec le virus. La seconde concerne des adultes, des sujets atteints par une maladie immunodépressive comme ceux qui sont en train de développer un stress très important et chronique, des sujets atteints de diabète, voire ceux atteints du VIH SIDA », a-t-il expliqué. Le mode de contamination de la maladie, selon Dr Coulibaly: « Le virus de l’oreillon « Kéképogoyo » se transmet par contact direct ou indirect. Par contact direct, c’est lorsqu’une personne contaminée entre en contact avec une autre personne saine, le plus souvent, infecte cette dernière. Cela, à travers les sécrétions respiratoires, des toux, des baisers, les crachats, entre autres. Par la contamination par contact indirect, à travers un jouet souillé par un enfant contaminé ». Et de mettre l’accent sur les symptômes.
Des signes visibles de loin
Parlant des signes essentiels de l’infection au virus de l’oreillon, Dr Coulibaly énumère, entre autres : l’inflammation, un gonflement des régions parotidiennes au niveau des pourtours des oreilles. Ce gonflement est associé à la fièvre, douleur, céphalées (maux de tête), une atténue (état de fatigue), une anorexie (perte de l’appétit). Il en a profité pour évoquer des mesures préventives et le traitement du virus de l’oreillon.
Des gestes simples pour mettre à l’abri des enfants, voire des adultes
Pour notre interlocuteur, la première mesure essentielle pour éviter de développer l’infection de l’oreillon est la vaccination. « Chez nous, il y a le programme élargi de vaccination (PEV) qui prévoit des vaccins contre la maladie chez des jeunes enfants de 12 à 15 mois avec un rappel à partir de 4 à 6 ans. En dehors de cela, il faut éviter le contact très étroit avec le sujet contaminé. Aussi, il faut se laver les mains régulièrement au savon et à l’eau. L’usage des gels hydro-alcooliques peut aussi nous épargner », a-t-il dévoilé.
Sur ce passage, Dr Coulibaly n’oublie pas de conseiller aux parents de ne pas négliger la vaccination des enfants. Toute chose qui permet d’éviter des maladies dont celle évoquée qui peut avoir des complications dans quelques rares fois chez les enfants en jeune âge. Par contre, chez des adultes, ces complications peuvent être locales et générales allant à la méningite virale (très dangereuse), les orchites (inflammation des testicules), les pancréatites (inflammation au niveau du pancréas). Des cas où si l’infection n’est pas correctement traitée, peut même conduire à des problèmes de l’infertilité. Quel serait donc le traitement adéquat ?
Le traitement très simple de cette pathologie
« La plupart des virus évoluent en cycle. Celui du virus de l’oreillon évolue d’une à deux semaines. Vous allez voir que le virus sera maîtrisé et éliminé par l’organisme. Les signes de l’inflammation et de l’infection vont progressivement régresser. Et comme l’infection provoque des fièvres, la fatigue, entre autres. Il est préférable de mettre le sujet surtout les enfants au repos. Cela a un avantage (éviter la contamination à d’autres enfants). Également, il est nécessaire d’administrer des médicaments pour briser la fièvre, la douleur et surtout donner suffisamment à boire à l’enfant (eau- tisanes) pour le réhydrater », a-t-il conclu en souhaitant une bonne compréhension et l’adoption de mesures préventives.
Alimatou Djénépo
