Photo d’illustration
Au Mali, le vol des engins à deux roues est la spécialité de certains voleurs ou bandits de long chemin. Que ce soit dans nos concessions ou sur les routes, ils profitent toujours du manque de vigilance des populations. Seulement, ce qui est dangereux et regrettable dans cette histoire est le mode opératoire avec l’usage des armes avec leur corollaire de famille endeuillée, de rêve brisé, voire de désolation simplement au profit de ces hommes sans foi ni loi. Ainsi, de récit en récit, plusieurs personnes se confient.
Il est presque 22 heures, ce vendredi 25 juillet 2025, à Sabalibougou Courani lorsque Youssouf appelle son oncle pour l’informer qu’il a été braqué par une par deux individus à Sokorodji détenant une arme à feu ». Sa moto neuve, son téléphone et son argent de poche, tous emportés. Ne pouvant rien faire, l’oncle lui propose d’aller, le lundi matin, faire une déclaration au commissariat. Un récit à la fois devenu presque banal, vu le nombre incalculable de personnes qui sont passées par là.
C’est aussi le cas similaire de cet autre jeune conducteur de Moto-taxi braqué à l’ACI 2000, à seulement trois jours de la conduite de sa moto neuve. Dans le feu de l’action, le jeune affirme avoir tout bonnement cédé l’engin afin de sauver sa peau. Et ce n’est qu’après le départ des hommes armés sur une autre moto Jakarta qu’il a pu alerter le voisinage, notamment deux gardiens de nuit qui affirment les avoir aperçus sans pouvoir faire grande chose. Ainsi, ce dernier aussi se dirige le lendemain vers les commissariats de police les plus proches.
Certaines personnes dans cette histoire semblent plus chanceuses, car ayant fait le choix de céder. Que dire de ceux qui essayent de se défendre, de résister ou contester ?
Des vies humaines sacrifiées pour des intérêts éphémères
Là aussi, il faut comprendre que des scénarios ne manquent et varient d’une personne à une autre pour une seule finalité : des vies volées en éclat, des rêves brisés et des familles endeuillées.
C’est le cas, d’un autre jeune conducteur de Moto-taxi dont le corps fut retrouvé dans le canal de Missabougou en commune VI du district de Bamako courant 2022. A notre passage, un vendredi après prière, le corps sans vie d’un individu flottant du moins, les deux poignées fermées d’un jeune homme en état de décomposition a été perçu par un autre. Alertés, des agents de la protection civile ont estimé comment faire sortir la victime dans l’eau pendant qu’une foule nombreuse assiste la scène. Ces agents ne pouvaient rien faire sans faire sortir le corps tout en essayant d’effectuer l’enquête préliminaire sur le site. Toutefois, ne pouvant pas supporter la scène lamentable, ce n’est que le lendemain que le récit du travail acharné par les agents de protection civile et l’identité de l’individu nous ont été dévoilés par des témoins oculaires de la scène. A l’origine, le corps était celui d’un conducteur de Moto-taxi dont le père à bout de force dans les recherches, après 3 jours du tour des hôpitaux, morgues et autres sites, coïncide avec le corps mis hors de l’eau de son fils. De ses explications, l’enfant conduit la moto et est très utile en la famille. Cela faisait trois jours qu’il n’est pas rentré et n’a pas donné signe de vie. Ce qui n’est pas de ses habitudes. C’est ainsi que lui et les autres membres de la famille ont commencé les recherches jusqu’à tomber sur son corps ce jour-ci. Toujours, selon les témoignages, la scène fut terrible qu’effroi dans le quartier.
Bref, des histoires ou scénarios de ce genre ne manquent pas et rares sont les fois où les auteurs sont appréhendés. Que deviennent les déclarations faites à la police. A cette question, nous essayerons d’apporter la lumière dans les prochaines publications.
Alimatou Djénépo
