Dans le cadre de l’édition 2025 des « 16 jours d’activisme contre les violences basées sur le genre », l’Association Démocratie 101 Mali, en partenariat avec la Fédération Nationale des Jeunes Filles et Femmes pour leur Autonomisation (FENAJFA) a organisé, le jeudi 4 décembre, une conférence-débat à l’Université Toubacoro de Dialakorodji. Le thème retenu était : « L’utilisation responsable des réseaux sociaux, gage de protection, de promotion et de préservation des valeurs culturelles des femmes et des filles au Mali. »
La cérémonie d’ouverture s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités, dont SE Ly Anne Herman, représentante de l’ambassade du Canada au Mali, Mohamed Gakou représentant du Directeur pays de LUCEG, Diarra Fatoumata Traoré représentant la mairie de Dialakorodji, Arouna B. Guindo du groupe scolaire et universitaire Toubacoro Alhassane Doucouré, Diarrasson Diarra du conseil communal ainsi que Zeïnab Coulibaly, représentante de la FENAJFA.
Au nom de la mairie de Dialakorodji, Diarra Fatoumata Traoré a rappelé que les violences basées sur le genre « peuvent toucher n’importe qui », tout en affectant davantage les femmes et les filles, notamment à travers les mariages forcés, les violences verbales, physiques ou psychologiques. Elle a salué cette initiative qui repose, selon elle, sur trois piliers essentiels : la prévention, la protection des survivantes et la lutte contre l’impunité.
L’école face aux défis numérique
Le représentant du groupe scolaire et universitaire Toubacoro, Arouna B. Guindo a souligné que l’établissement mène depuis 2014, des actions de sensibilisation sur les risques liés aux réseaux sociaux. « Ce thème nous touche profondément, surtout lorsqu’il s’agit de la jeune fille », a-t-il déclaré. « Quand une fille étudie, c’est toute la communauté qui avance. Mais si les réseaux sociaux sont mal utilisés, ils peuvent devenir destructeurs. », a-t-il laissé entendre.
Pour Diarrasson Diarra du conseil communal de Dialakorodji, la jeunesse est la première exposée aux dérives numériques. Il a exhorté les étudiants à tirer profit des conseils reçus et encouragé les initiateurs à « multiplier ces actions dans d’autres établissements de la commune ».
La FENAJFA met en garde contre les violences numériques
Selon Zeïnab Coulibaly, représentante de la FENAJFA, le Mali fait face à une situation particulièrement alarmante. A ses dires, les chiffres sont préoccupants : « Une femme sur 5 a subi des violences physiques ou sexuelles ; plus de 90 % des femmes âgées de 5 à 49 ans ont été victimes de mutilations génitales féminines dans certaines régions ; plus d’une femme sur deux est mariée avant 18 ans. » Elle a rappelé que plus de 7 millions de maliens utilisent aujourd’hui l’internet, faisant du numérique un espace où se construisent opinions, comportements… mais aussi violences. Cyberharcèlement, chantage, diffusion d’images sans consentement ou humiliations publiques figurent parmi les nouveaux risques, a-t-elle dit. Et d’ajouter : « Pourtant, ces mêmes outils peuvent devenir des leviers d’émancipation s’ils sont utilisés avec responsabilité ».
Dans son intervention, SE Ly Anne Herman de l’ambassade du Canada, a rappelé que les violences basées sur le genre « concernent également les hommes » et que seule une mobilisation collective peut permettre de changer les comportements.
La conférence a été animée par Latifatou Diarra, membre de la communauté des blogueurs et Ibrahima Tamboura.
Adja
