Chaque année, du 25 novembre au 10 décembre, le monde se mobilise autour des 16 Jours d’activisme contre les violences basées sur le genre, une campagne internationale qui résonne fortement au Mali.
Dans un contexte marqué par des défis sécuritaires, sociaux et culturels, les associations féminines maliennes se distinguent par leur engagement constant et courageux pour défendre les droits des femmes et des filles.
De Bamako aux régions les plus éloignées, les organisations féminines redoublent d’efforts pour sensibiliser, informer et dénoncer les différentes formes de violences. Ateliers de formation, panels de discussions, caravanes de sensibilisation, émissions radiophoniques, plaidoyers auprès des autorités, les initiatives se multiplient pour toucher le maximum de citoyens.
Pour nombre de ces organisations, les 16 Jours d’activisme ne sont pas seulement une campagne, mais un prolongement naturel de leur combat quotidien. Elles interviennent dans les écoles, les communautés, les centres de santé, en collaboration avec les forces de défense et de sécurité, les leaders religieux et coutumiers, ainsi qu’avec leurs partenaires techniques et financiers.
La force de cette mobilisation repose sur le leadership féminin. Cheffes d’associations, activistes, journalistes, jeunes leaders, juristes, psychologues ou militantes communautaires : elles portent haut la voix des victimes. Leur présence sur le terrain permet de briser les tabous, de libérer la parole et de favoriser une prise en charge plus humaine et plus accessible.
Certaines initiatives mettent particulièrement l’accent sur l’éducation des jeunes filles et des garçons, considérant que le changement durable passe par la transformation des mentalités dès le plus jeune âge. D’autres ciblent les survivantes en leur offrant un accompagnement psychosocial, juridique et économique afin de favoriser leur insertion sociale après un hoc physique et ou émotionnel.
Depuis le 25 novembre dernier, les organisations féminines intensifient leur plaidoyer pour pousser l’État à renforcer le cadre législatif, à améliorer la protection des victimes et à sanctionner plus fermement les auteurs de violences.
Elles interpellent les autorités sur la nécessité, d’améliorer la prise en charge médico-psychologique, de renforcer les mécanismes de prévention, garantir l’accès des femmes à la justice. Elles demandent aussi, d’impliquer davantage les collectivités territoriales dans la réponse et d’accroître les ressources allouées aux programmes de lutte contre les violences basées sur le genre.
Alors que les inégalités persistent et que les violences continuent d’affecter des milliers de femmes et de filles au Mali, les associations féminines lancent un appel fort, afin que la lutte contre les violences basées sur le genre soit une priorité nationale et un engagement citoyen de tous.
Les 16 Jours d’activisme rappellent que chaque geste compte : écouter, soutenir, dénoncer, protéger.
Mais au-delà de cette campagne internationale, c’est tout au long de l’année que les organisations féminines maliennes œuvrent pour bâtir une société plus juste, plus égalitaire et plus sûre.
Adja
